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Avoir l'envie de transmettre un savoir

Avoir l'envie de transmettre un savoir

Dans le cadre des services qu’elle développe, l’APECITA a mis en place un réseau de référents, parmi ses conseillers, dont le but est d’apporter aux candidats une vision sur l’état du marché, sur les débouchés ainsi que sur les problématiques de chaque filière. Karine Rousset et Olivia Gerardin nous apportent leur éclairage sur le monde de l’enseignement et de la formation.

Quels sont les principaux métiers dans le secteur de l’enseignement et de la formation ?
Karine Rousset : Quand on parle d’enseignement agricole et de formation, on pense en premier lieu aux établissements de formation tels que les lycées agricoles publics et privés, les CFA, les CFPPA, les Ifria, les Enil, les MFR, ou encore les établissements d’enseignement supérieur. Toutefois, on peut également trouver des postes en lien avec la formation dans des organismes de type chambres d’agriculture, par exemple.

Olivia Gerardin : Le domaine de la formation et de l’enseignement offre un large panel de métiers. Au-delà des seuls postes d’enseignants et de formateurs, on retrouve, au sein des établissements de formation, des personnels administratifs : directeur, assistant de direction, secrétaire, comptable… des personnels de la vie scolaire, comme les CPE, mais aussi des informaticiens, des responsables de maintenance, des agents de laboratoire ou des documentalistes. Dans les CFPPA, il existe également des postes de coordonnateurs de formation. Au sein des lycées agricoles, on peut encore citer les chefs d’exploitation.

Quelles sont les façons d’accéder aux postes d’enseignants ?
K. R. : Il existe différents types de contrats qui dépendent des statuts de l’établissement, selon qu’il s’agisse d’un établissement public, d’un établissement privé du réseau Unrep ou du CNEAP, ou d’une MFR. L’enseignement agricole public offre des postes de titulaires accessibles par des concours ; le plus souvent aux personnes ayant un diplôme bac + 5 (voir notre encadré). Il existe également des postes de contractuels (recrutés en CDD pour une année scolaire) ou de vacataires (recrutés de manière ponctuelle pour un maximum de 200 heures). Pour l’enseignement agricole public ou privé, dépendant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, les exigences pour les candidats sont les mêmes que pour les filières techniques : être titulaire d’un master 1 minimum ou d’un diplôme technique (CAP, BEP, BP, bac pro, ou BTS) et d’une expérience professionnelle significative.

Quelles sont les qualités et les compétences attendues pour évoluer dans le milieu de l’enseignement ?
O. G. : Il est avant tout indispensable de posséder une certaine pédagogie, une capacité et surtout une envie réelle de transmettre un savoir. Il faut également faire preuve d’un regard bienveillant sur l’apprenant. Il est nécessaire d’avoir des compétences techniques en lien avec l’enseignement dispensé. On peut aussi insister sur les particularités du poste de moniteur en MFR… Ainsi, si l’enseignant en lycée agricole travaille en moyenne 18 heures par semaine (sans compter la préparation de ses cours), le moniteur de MFR travaille 35 heures par semaine. L’approche de l’enseignement en MFR est différente puisqu’elle est axée sur des valeurs de partage de connaissances. Le moniteur se doit donc d’adapter son
enseignement en fonction des retours des apprenants après leurs périodes en entreprises.
Il est aussi présent auprès du public en formation en dehors des heures d’activités pédagogiques (présence lors des repas, des soirées, des temps libres…) et reste le relais privilégié entre les familles et les maîtres de stage.

Existe-t-il des perspectives d’évolution ?
K. R. : Les perspectives d’évolution restent assez limitées. Néanmoins, l’enseignant a la possibilité, avec le développement de ses compétences, d’évoluer vers des postes de responsable de formation ou de responsable pédagogique. Des capacités en management lui permettront également de devenir directeur d’un établissement de formation privé, ou proviseur de lycée agricole dans le secteur public.

Comment se porte le marché de l’emploi dans ce secteur ? Est-il actif dans toutes
les régions ?
O. G. : Les établissements agricoles sont répartis sur l’ensemble du territoire, même si nous retrouvons une concentration plus forte en Pays de la Loire, en Rhône-Alpes, en Bretagne et dans le Nord. D’ailleurs, ces régions ont été les premières à voir naître ce type d’établissements. Chaque année, nous recrutons des enseignants, notamment entre mars et juin, en prévision des rentrées de septembre. Nous remarquons également que certains postes semblent difficiles à pourvoir, comme dans le secteur de l’agroéquipement. En  revanche, il est important de souligner que, pour ceux qui ne sont pas titulaires, les emplois proposés sont souvent à temps partiel.

Voit-on apparaître de nouveaux métiers ?
K. R. : En effet, nous commençons à voir apparaître des offres dans le secteur de la promotion des dispositifs de formation.

—— Aude BRESSOLIER (Tribune Verte n°2907)

En savoir plus GLOSSAIRE

  • Bac pro : baccalauréat professionnel
  • BEP : brevet d’études professionnelles
  • BP : brevet professionnel
  • BTS : brevet de technicien supérieur
  • CAP : certificat d’aptitude professionnelle
  • Capesa : certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré agricole
  • Capeta : certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique agricole
  • CAPLPA : concours professeur certifié de lycée professionnel agricole
  • CFA : centres de formation d’apprentis
  • CFPPA : centre de formation professionnelle et de promotion agricole
  • CNEAP : Conseil national de l’enseignement agricole privé
  • CPE : conseiller principal d’éducation
  • Enil : École nationale d’industrie laitière
  • Ifria : Institut de formation régional des industries alimentaires
  • MFR : maison familiale rurale
  • Unrep : Union nationale rurale d’éducation et de promotion

Zoom sur… LES DIFFÉRENTS CONCOURS

Pour devenir professeur de l’enseignement agricole, il existe trois types de concours :

  • le Capesa, pour enseigner les disciplines générales en lycée agricole ;
  • le Capeta, pour être professeur de l’enseignement technique agricole ;
  • le CAPLPA, pour être professeur de lycée professionnel agricole.
    Ils sont accessibles aux candidats inscrits en première année d’un master préparant
    aux métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation à l’École nationale de
    formation agronomique (ENSFEA) de Toulouse-Auzeville. Pour être titularisés, les étudiants
    doivent obligatoirement valider leur master.
    Il est à noter que dans les spécialités professionnelles du CAPLPA, les concours sont aussi
    ouverts aux candidats qui possèdent au minimum un BTS ou un BTSA, ainsi que cinq
    années de pratique professionnelle ou d’enseignement de cette pratique.
    Concernant les spécialités pour lesquelles il n’existe pas d’enseignement de niveau BTS, les
    candidats devront posséder le niveau bac ainsi que sept années d’expérience. Les concours
    ne sont pas ouverts dans toutes les sections chaque année.
    Après avoir obtenu le concours, les professeurs sont stagiaires pendant un an avant leur
    titularisation. Ils exercent leur fonction d’enseignant et bénéficient de plusieurs semaines
    de formation d’adaptation à l’emploi en cours d’année de stage.
    Dans le privé, la plupart des professeurs sont recrutés sur titre avec un master,
    d’autres sur concours. Les épreuves sont identiques à celles de l’enseignement public.
    Source : www.onisep.fr

Crédit photo : JACOB LUND/ADOBE STOCK