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Ils ont choisi de travailler à l'étranger

Ils ont choisi de travailler à l'étranger

Ils ont choisi de travailler à l’étranger

Améliorer ses compétences linguistiques, donner une dimension internationale à sa carrière, découvrir un autre contexte  professionnel, étendre son réseau… Quelle que soit la raison, de nombreux Français partent travailler à l’étranger pour une expérience  temporaire ou de longue durée.

Laurie Duffrene, 34 ans, originaire du Vaucluse, en poste en Nouvelle-Zélande « Me tourner vers de nouveaux challenges »

« Mon diplôme national d’oenologue en poche, j’ai suivi un master 2 en aménagement du territoire afin d’obtenir une compétence en système d’information géographique, que j’ai pu mettre en application au sein du syndicat des vins d’Alsace. J’ai ensuite exercé pendant une dizaine d’années dans le secteur coopératif : pour la cave "La Gaillarde" (Vaucluse), puis pour "Les Vignerons ardéchois" avant de rejoindre l’équipe du "Vignoble des Deux Terres", dans l’Hérault, où de technicienne amont, j’ai fini bras droit du directeur.
Le déclic pour partir travailler à l’étranger a eu lieu suite à des changements importants au sein du conseil d’administration. La nouvelle politique ne correspondait plus à mes valeurs. J’ai alors décidé de me tourner vers de nouveaux  challenges, notamment améliorer mon anglais. Je voulais aussi goûter à un autre type de management, celui à l’anglo-saxonne. J’ai choisi la Nouvelle-Zélande, puis le Canada assez naturellement. Étant une amoureuse des grands espaces, ces pays m’attiraient déjà beaucoup. J’étais également intriguée depuis longtemps par les sauvignons néo-zélandais et par les vins de glace canadiens.
Entre 2016 et 2018, j’ai travaillé pour des domaines viticoles de ces deux pays, notamment en tant que superviseur de cave et oenologue. Actuellement, je suis "press coordinator" à Indevin Ltd, l’un des plus importants producteurs de Nouvelle-Zélande (27 000 hl).
Grâce à ces expériences, j’ai découvert ce qu’était le vrai travail d’équipe, la solidarité et la reconnaissance du travail bien fait. Le management anglo-saxon (horizontal) est bien plus axé sur le savoir-être et sur la valorisation des compétences, ce qui est particulièrement gratifiant. J’ai pu développer très rapidement mon réseau dans le monde du vin, ce qui facilite les recherches d’emploi, tout en améliorant mes compétences linguistiques.

Par rapport à la France, il y a beaucoup de différences dans les relations professionnelles, dans l’organisation du travail. Le sexisme n’existe absolument pas au Canada et en Nouvelle-Zélande. Le CV fait apparaître uniquement les compétences, les expériences et les diplômes, et ne fait figurer aucune mention discriminatoire (âge, situation personnelle).
Les managers sont très concernés par le bien-être de leurs collaborateurs, et les relations au travail sont plus respectueuses, plus humaines. Le travail en équipe est au coeur de l’entreprise. Les salaires sont supérieurs à ceux proposés en France à poste équivalent.
L’organisation du travail est plus claire et les conditions de travail plus décontractées. Mes projets sont de poursuivre mon exploration des terroirs viticoles du monde. Quand on a goûté à l’aventure, il est difficile de s’arrêter. Et si c’était à refaire, je commencerais plus tôt ! »

Paul-Adrien Leleu, 21 ans, en 3e année d’école d’ingénieur « pour la terre » à l’Isa de Lille « UN VRAI PLUS SUR MON CV »

« Dans le cadre de mes études, je devais réaliser, entre mon cycle préparatoire de deux ans et le cursus ingénieur, une expérience
de travail à l’étranger.
La Norvège a été un choix évident pour moi, puisqu’elle représentait à mes yeux un pays très respectueux de l’environnement, avec une qualité de vie réputée pour être très saine.
J’ai commencé à faire des recherches d’abord sur le Net, sur des
plateformes telles que Workaway ou Woofing, où des annonces sont
postées régulièrement et proposent de travailler en échange d’un
logement et de nourriture. J’ai finalement trouvé une petite ferme
biologique dans le village de Solvorn au Centre-Ouest de la Norvège, grâce à une étudiante Isa qui était partie y travailler il y a deux ans.
Pendant cinq mois, j’ai travaillé dans cette ferme biologique, l’Eplet
Bed and Apple, où je menais deux activités principales : l’accueil
de touristes dans des chambres ou sur le camping et l’activité de
récolte/transformation des fruits en jus de fruits et en produits
dérivés (fruits secs, confitures…). J’étais relativement polyvalent
sur le site, je pouvais cueillir des framboises le matin, pasteuriser
les jus l’après-midi et être à la réception le soir. Cette expérience
m’a surtout permis de m’adapter à une nouvelle culture. J’ai eu
l’occasion de travailler avec des Norvégiens, mais aussi avec des
saisonniers slovaques, américains, hollandais et allemands.
Les relations au travail en Norvège et dans les pays scandinaves
sont en général très décomplexées, ce qui laisse chacun libre
d’exprimer ses idées et d’être considéré et entendu. Nous parlions anglais en permanence, ce qui m’a permis d’améliorer considérablement mes compétences linguistiques.
Le fait de me retrouver en dehors de ma zone de confort m’a forcé à prendre des initiatives et à échanger davantage avec mes collègues et mes supérieurs au quotidien. Aujourd’hui, cette expérience constitue un vrai plus sur mon CV puisqu’elle m’a permis de développer rigueur, compétences interculturelles et linguistiques.
Cette expatriation m’ayant conquis, j’ai décidé d’effectuer un
semestre à l’étranger à l’université de Laval (Québec) en septembre. J’espère y découvrir une nouvelle culture et faire des rencontres, afin d’étendre mon réseau professionnel. »

Rémi Cardinael, 31 ans, originaire du Nord,
agropédologue au Zimbabwe « UNE OPPORTUNITÉ DE DÉCOUVRIR
D’AUTRES CONTEXTES POUR LA RECHERCHE »

« Après un bac S et une classe prépa BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la terre) à Lille, j’ai intégré AgroParisTech pour une formation d’ingénieur agronome.
Mon diplôme en poche, j’ai travaillé pendant un an à l’Inra de Montpellier en tant qu’ingénieur d’études sur un projet de recherche en agroforesterie. Pendant cette période, j’ai monté un projet de thèse sur le stockage de carbone dans les sols sous systèmes agroforestiers.
Après l’obtention du doctorat, j’ai été recruté par le Cirad1 en tant qu’agropédologue (chercheur en sciences du sol), métier que j’ai exercé un an à Montpellier avant d’être affecté au Zimbabwe. L’ouverture de ce poste à l’étranger constituait pour moi une opportunité de découvrir d’autres contextes pour la recherche. Depuis mai 2017, je suis en poste dans la capitale Harare pour une durée de trois ans renouvelable. Ma mission, que j’exerce au sein du département d’agronomie de l’université du Zimbabwe (partenaire du Cirad), consiste à mener des projets de recherche fondamentale et appliquée. Je travaille notamment sur l’effet de différentes pratiques agroécologiques sur l’adaptation et l’atténuatio du changement climatique via de nombreux essais chez les agriculteurs et en station expérimentale (associations céréales légumineuses, agriculture de conservation).
Ayant surtout travaillé sur des systèmes agroécologiques en zones
tempérées, cette expérience professionnelle m’offre une réelle
ouverture sur d’autres formes d’agriculture. Elle m’a également
permis de me constituer un réseau professionnel grâce au travail
effectué en partenariat avec de nombreux instituts de recherche
et universités locales, européennes ou internationales.
Je pense poursuivre mon activité ici au Zimbabwe durant encore
quelques années. La situation politique et économique du pays
est assez instable, mais la qualité de vie y est très bonne.
À ceux qui voudraient s’expatrier durablement pour le travail,
je recommande de faire un premier voyage de reconnaissance
(notamment quand la famille fait partie de l’aventure), de façon à se faire une idée plus précise sur le pays d’accueil, sur les conditions de travail, sur les démarches administratives.
Personnellement, six mois avant de m’installer, j’ai eu l’occasion
de réaliser une mission de repérage qui m’a permis de rencontrer
mes partenaires professionnels et de m’assurer qu’il était possible
de mener mes recherches dans des conditions satisfaisantes. »
(1) Centre de coopération internationale en recherche agronomique
pour le développement