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Se différencier sur le marché du travail

Se différencier sur le marché du travail

Depuis plusieurs années, l’APECITA a mis en place un réseau de référents parmi ses conseillers. Florence Charier et Sandrine Leleu vous apportent leurs conseils et leur éclairage sur l’expatriation.

Des milliers de Français s’expatrient chaque année. Quelles sont les motivations qui poussent des candidats à tenter leur chance à l’étranger ?
Florence Charier : D’après le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ils seraient en effet deux à deux millions et demi actuellement à travailler hors de nos frontières. On distingue les jeunes diplômés, dont la principale motivation reste la progression d’une langue étrangère. À l’heure actuelle, être bilingue est un atout non négligeable dans le monde professionnel.

D’autres raisons peuvent pousser un jeune diplômé à partir travailler à l’étranger : il peut s’agir d’une volonté d’approfondir ou d’acquérir de nouvelles compétences, de développer sa capacité à s’adapter à un nouvel environnement culturel, de découvrir une autre culture et un nouveau modèle de travail, d’étendre son réseau relationnel à l’international et, bien évidemment, d’enrichir son CV et sa  connaissance du monde. Pour les candidats expérimentés, c’est surtout l’augmentation des revenus ainsi que les évolutions de carrière qui constituent les principales motivations pour  l’expatriation. Pour les recruteurs, les expériences professionnelles à l’étranger sont des preuves d’ouverture d’esprit, d’adaptation, d’autonomie, de curiosité intellectuelle et de polyvalence. Autant d’atouts indéniables qui permettront de se différencier des autres candidats sur le marché du travail.

Existe-t-il des pays qui attirent plus que d’autres les candidats français dans les secteurs agricoles et agroalimentaires ?
Sandrine Leleu : L’enseignement agricole forme de futurs professionnels ouverts à l’Europe, au monde et conscients des enjeux internationaux. Les élèves et les étudiants sont ainsi encouragés à partir à l’étranger au moins une fois au cours de leur scolarité, afin d’apporter une dimension internationale à leur formation. Les échanges se font en priorité avec des pays  européens. En 2016, 95 % des élèves et 64 % des étudiants qui sont partis à l’étranger ont choisi l’Europe comme destination. Le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Espagne arrivent en tête des destinations. Plus que jamais, les candidats sont prêts à s’expatrier aussi au-delà de cette frontière européenne. Les grandes plaines du Canada, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie font toujours rêver certains. Au-delà de l’Europe, les candidats son nombreux aussi à réaliser leur mobilité en Amérique ou en Océanie.

De manière générale, il faut savoir que les écoles et les universités du monde entier ont développé de nouvelles solutions, des partenariats pour permettre aux étudiants d’effectuer une partie de leur cursus dans un établissement à l’étranger.

Où peut-on trouver des offres d’emploi à l’étranger ?
F. C. : Internet reste l’outil indispensable lors d’une recherche d’emploi. De nombreux sites proposent des offres d’emploi classées par secteur d’activité et par pays. On peut très souvent y déposer sa candidature en ligne (CV et lettre de motivation) en vue d’être contacté par une entreprise. Parmi ces sites figurent l’APECITA, pour les secteurs agricoles, agroalimentaires et de l’environnement (www.apecita.com), Pôle emploi international (www.eei.com.fr), ou encore l’Apec (www.apec.com). On peut également citer le réseau Eures, qui centralise les offres d’emploi dans l’Union européenne. À noter que certains sites Internet de consulats de France à l’étranger proposent des informations sur l’emploi local. Cette liste n’est, évidemment, pas exhaustive
(voir notre encadré plus bas).

Est-il nécessaire d’adapter ses outils de recherche d’emploi (CV et lettre de motivation) quand on postule à l’étranger ?
S. L. : Oui, bien sûr ! Pour travailler à l’international, le CV unique n’existe pas. Si vous souhaitez vivre une expérience professionnelle à l’étranger (stage ou emploi), il faudra adapter votre candidature aux pratiques de recrutement du pays visé. Si l’on postule au sein d’une société française à l’étranger, il faut également deux versions : une en français et une en anglais.

Évidemment, selon le pays, le CV varie en longueur, en présentation, et les informations demandées peuvent être plus ou moins détaillées. Si en Allemagne, on aime avoir un maximum d’informations sur votre état civil (situation familiale, religion, profession des parents), aux États-Unis, au contraire, cette rubrique est réduite aux nom, prénom, adresse et téléphone. Dans tous les cas, il est important de bien détailler vos expériences. Elles permettent de juger de vos qualités et de vos réalisations. Ce sens du détail est particulièrement important pour un CV britannique, notamment. Montrez que vous savez vous adapter aux us et coutumes du pays dans lequel vous souhaitez travailler : traitez ce document à la manière d’un autochtone. Votre recruteur vous en estimera d’autant plus, et votre CV pourra pleinement remplir son objectif : convaincre le recruteur de vous recevoir en entretien. De manière générale, en tant qu’étranger, n’oubliez pas d’indiquer votre nationalité. Précisez l’indicatif international devant votre numéro de téléphone : un confort que votre futur employeur pourrait bien apprécier ! La rubrique « langues étrangères » doit être soignée : il vous faut notamment informer le recruteur de votre niveau dans la langue de son pays.

Avant de partir travailler à l’étranger, quels sont les points à ne pas négliger, notamment au niveau administratif ?
F. C. : Partir travailler à l’étranger s’anticipe. C’est un projet qui doit se préparer au moins un an à l’avance. Il faut un minimum
d’organisation avant le départ. Tout d’abord, renseignez-vous sur le pays d’accueil (auprès de l’ambassade ou du consulat du pays concerné en France). Il est important de lire un maximum d’articles sur la préparation du départ et des témoignages d’expatriés, cela vous aidera à vous préparer mentalement tout en récoltant quelques astuces pratiques. Il existe plusieurs blogs d’expatriés comme www.blogexpatriation.com. Vous y trouverez des interviews d’expatriés ou de Français de l’étranger, y découvrirez l’installation et la vie au quotidien de ces personnes dans leurs pays d’accueil. Informez-vous sur les formalités administratives : papiers d’identité, visa, carte de résident, permis
de conduire, assurance, compte bancaire, logement, marché du travail et conditions de recrutement, sans oublier le statut que vous pourrez avoir une fois sur place (contrat local ou d’expatrié, volontariat, etc.). Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rendre sur le site de la diplomatie française : www.diplomatie.gouv.fr à la rubrique « Préparer son expatriation ».
Pour les questions de protection sociale et de santé, consultez le site de la caisse d’assurance maladie internationale : www.cleiss.fr

Certains étudiants font le choix de réaliser tout ou partie de leur cursus à l’étranger. Auriez-vous des sites à conseiller à ceux qui seraient tentés par l’expérience ?
S. L. : Ils peuvent se rendre sur le site www.worliploma.com afin de préparer leur séjour d’études à l’étranger, consulter le site Internet www.cursusmundus.com : ils y trouveront des fiches de renseignements pour chaque pays, car chacun d’eux possède ses propres procédures, ou encore www.euroguidance-france.org, le réseau européen et international pour l’orientation et la mobilité. Enfin, comment ne pas citer le programme européen Erasmus +, qui vise notamment à donner aux étudiants, aux stagiaires, au personnel et d’une manière générale aux jeunes de moins de 30 ans avec ou sans diplôme, la possibilité de séjourner à l’étranger pour renforcer leurs compétences et pour accroître leur employabilité. Toutes les informations sont à retrouver sur www.erasmusplus.fr.

—— Propos recueillis par Aude BRESSOLIER (Tribune Verte n°2909)

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Crédit photo : IJEAB / Adobe stock