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Utilisez aussi les réseaux sociaux grand public pour vos recrutements

Utilisez aussi les réseaux sociaux grand public pour vos recrutements

A côté des réseaux sociaux professionnels, un employeur ne doit pas négliger Facebook, Twitter ou Instagram et leurs millions de membres. Quels sont leurs intérêts respectifs, et comment les utiliser dans une optique de recrutement ? Quelques éléments de réponse

Le recrutement en ligne ne se limite pas aux seuls réseaux sociaux professionnels que sont LinkedIn ou Viadeo. En 2018, un recruteur ne peut plus ignorer les plateformes grand public Facebook, Twitter et Instagram, drainant chacune des millions de membres en France. Ces médias sociaux en forte croissance permettent de diffuser des annonces, d’entrer en contact avec des candidats potentiels et de développer sa marque employeur. C’est aussi une manière de se démarquer des autres recruteurs et de diversifier son sourcing.

Parier sur plusieurs réseaux

Selon un sondage réalisé par le cabinet de recrutement Page Personnel, les personnes en recherche d’emploi sont près de 80 % à utiliser LinkedIn, tandis qu’un tiers est présent sur Viadeo. Les réseaux sociaux grand public suivent de près. 27,5 % des candidats déclarent utiliser Facebook pour leurs recherches, tandis qu’un peu plus de 18 % misent également sur Twitter. Alors sur quel cheval miser ? Avec un Français sur deux sur sa plateforme, Facebook touche toutes les catégories socioprofessionnelles et semble incontournable. « On dit que les jeunes, les étudiants, l’ont déserté mais il suffit de faire un sondage autour de soi pour se convaincre du contraire », avance Florent Letourneur, cofondateur de l’agence Happy to meet you (lire interview). Facebook est d’autant plus incontournable que le réseau social propose depuis quelques mois aux administrateurs de pages professionnelles de publier gratuitement des offres d’emploi. En géolocalisant ces annonces, un recruteur peut délimiter une zone géographique donnée. Par exemple, une usine qui s’ouvre à Rennes ne souhaitera recruter des techniciens que dans un périmètre de 20 km autour de la capitale bretonne. Derrière, Facebook propose de sponsoriser cette annonce pour augmenter le nombre de personnes touchées, au-delà des fans de la page entreprise.

Maîtriser les codes

Au regard des annonces actuellement publiées, Facebook Jobs s’adresse majoritairement à des candidats peu qualifiés jusqu’à un niveau bac +2 mais rien n’interdit de poster des offres cadres. « C’est comme le site Le Bon Coin au début. Il a mis des années à faire venir à lui des emplois cadres », observe Florent Letourneur. Sur Twitter, on ne trouvera pas de rubrique dédiée aux offres d’emploi mais il est toutefois possible de publier une annonce ne dépassant pas les fameux 280 caractères. Si le compte est suivi par une communauté active, l’annonce peut bénéficier d’un effet viral. Certaines entreprises ont un compte dédié à la marque et un autre au recrutement comme Orange et Orange Jobs. « Twitter est plus difficile d’accès, il faut maîtriser les codes, estime Florent ,Letourneur. Pour autant, ce n’est pas un canal mineur. J’ai recruté une dizaine de personnes. Mais cela suppose d’avoir une communauté importante et une ligne éditoriale claire. Il s’agit d’apporter régulièrement du contenu. Pour moi, Twitter n’est pas un réseau social mais un média social. » Dédiés au partage de photos et autres visuels, on est avec Instagram et Pinterest dans un autre univers, essentiellement graphique. S’il est possible de créer une annonce sous forme d’infographie, cela reste encore marginal. En revanche, Instagram permet de montrer les coulisses d’une entreprise à travers une série de photos. Un candidat va ainsi se projeter dans son potentiel futur environnement de travail. C’est aussi un moyen de lutter contre les stéréotypes liés à certains métiers dévalorisés, dans le bâtiment ou le secteur agricole. Le ton sera plus décalé que le site institutionnel au discours très marketé. Quant à Snapchat, le réseau social n’est guère adapté au recrutement (lire encadré) mais il permet de cibler la génération Z. En cela, il peut être un bon canal pour recruter des stagiaires, des apprentis, des alternants.

—— Xavier BISEUL (Tribune Verte 2899)

Zoom SNAPCHAT, PAS ENCORE UN CANAL DE RECRUTEMENT

Selon une étude du cabinet de recrutement Page Personnel, le constat est sans appel. 82 % des répondants en recherche d’emploi considèrent que Snapchat est « un réseau social purement divertissant, pour échanger entre amis » des photos et des vidéos décalées. Seules 10,3 % des personnes en recherche d’emploi et qui possèdent un compte Snapchat déclarent suivre des entreprises pour découvrir leur marque employeur (culture, valeurs, engagements…). Le portrait-robot du « Snapchatteur » est une femme (67 %), jeune (deux tiers ont moins de 30 ans).

Avis d’expert : « PRIVILÉGIER LA QUALITÉ À LA QUANTITÉ »

Florent Letourneur, cofondateur de l’agence Happy to meet you Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat…

Vers quel réseau social un recruteur doit aller ?
Je n’encourage pas les entreprises à aller sur tous les réseaux sociaux. Il faut privilégier la qualité à la quantité et se concentrer sur deux ou trois médias, en partant avec un calendrier éditorial et une réelle stratégie. Ces activités peuvent être chronophages, autant ne pas se disperser. Le choix se fera en fonction du secteur d’activité et du profil de candidat recherché. Où ai-je de l’impact ? Twitter fédère les professionnels des médias et du numérique. Un commerce de proximité trouvera davantage son compte sur Facebook. Attention à ne pas copier-coller les messages d’une plateforme à l’autre. Cela simplifie la vie mais c’est complètement contre-productif. Chaque réseau social a ses codes et ses mots-clés qu’il faut adopter.

Quelle stratégie adopter ?
Il faut savoir travailler dans la durée. Bâtir une marque employeur demande du temps. On ne peut pas se dire qu’on ouvre un compte et que, dès la semaine suivante, les candidatures vont affluer. Une entreprise qui participe à un Salon de recrutement en 2019 doit anticiper dès maintenant et structurer sa communauté. Si un candidat pose une question, la règle de base est d’y répondre avec le plus de réactivité possible. Lundi matin, le premier réflexe que doit avoir la personne en charge des réseaux sociaux est de répondre aux messages du week-end. Ne pas oublier que les entreprises sont évaluées en ligne. Il est par exemple possible de noter une entreprise sur sa page Facebook. Cela peut entacher sa notoriété, tout le contraire de l’effet souhaité. L’animation des réseaux sociaux côté RH se fait en interne pour les plus grosses entreprises. Une société de taille plus modeste pourra commencer par un stagiaire ou un alternant. D’autres entreprises font le choix d’externaliser cette prestation auprès d’une agence. Dans tous les cas, la direction de la communication et la DRH doivent bien se coordonner pour rester cohérent dans le discours.

Quel rôle peuvent jouer les collaborateurs ?
Sur la base du volontariat, on peut inciter les salariés à être des ambassadeurs de leur entreprise en relayant les offres d’emploi, les actualités et les événements RH depuis leurs profils personnels. Leur parole sera plus spontanée et authentique. De façon générale, un candidat croira davantage un salarié en place qu’un responsable RH ou un community manager. Pour autant, une entreprise peut proposer des contenus de marque employeur que l’employé est libre de diffuser ou non. Elle peut aussi accompagner ses salariés sur les réseaux sociaux en expliquant quels codes appliquer, comment prendre de belles photos, mais sans exercer de contrôle.