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Adeline Derkimba : Quand la passion guide un cursus

Adeline Derkimba : Quand la passion guide un cursus

Adeline Derkimba, passionnée de chevaux, est aujourd’hui directrice des programmes de développement de l’ONG Cari. Elle nous explique son parcours.

Jusqu’où peut-on aller par passion ? Après un cursus littéraire, Adeline Derkimba passe un bac professionnel CGEA (conduite et gestion de l’exploitation agricole), avec le souhait de s’installer et de vivre sa passion pour les équidés. Mais très vite, elle déchante… : « Il est compliqué de gagner correctement sa vie dans ce domaine. Diplômée d’un BTS, je pensais m’orienter vers le métier de conseiller en production animale. J’ai découvert le milieu de l’élevage, mais aussi le modèle intensif de la production – que je n’ai pas apprécié. Ma rencontre avec un étudiant ingénieur de l’Istom m’a donné le goût de prolonger ma formation et de me consacrer à l’élevage pastoral extensif. »

De chercheuse à directrice de projet

Durant les trois ans passés dans cette école d’ingénieurs en agrodéveloppement international, Adeline effectue ses premiers stages à l’étranger, en Inde puis au nord du Mali. « Cette dernière expérience m’a profondément marquée. J’ai séjourné sept mois chez les éleveurs Touareg où j’étais chargée de réaliser un diagnostic de la conduite pastorale. En vivant avec les nomades, dont les besoins des troupeaux les obligent à gérer à court terme sans pouvoir se projeter, mon regard sur le monde a changé. » En dernière année, la future salariée de l’ONG Cari1 se forme durant trois mois et demi à la gestion hydraulique au sein d’une école au Burkina Faso. L’acquisition de ces connaissances, indispensables lorsque l’on veut se spécialiser dans le pastoralisme, lui donne le goût des études et surtout l’envie de comprendre les mécanismes qui interviennent dans ce mode de production. « J’ai rapidement compris qu’en voulant approfondir la connaissance d’un sujet, d’un lieu et de ses populations, il n’était pas satisfaisant de travailler pour une ONG où les salariés n’ont pas le temps matériel pour avoir du recul sur les projets. J’ai donc décidé de m’orienter vers la recherche, l’un des seuls lieux où l’on puisse le faire. » En 2003, après un DEA à AgroParisTech qui l’a conduite au Tchad pour un travail sur la transhumance et sur les problèmes environnementaux près d’une aire protégée, Adeline intègre l’Inra. « L’envie de travailler dans le pastoralisme extensif me tenait toujours à coeur, précise-t-elle. Mais l’obligation de rembourser mon prêt étudiant contracté pour rejoindre l’Istom m’a amené à rechercher une thèse financée à 100 %. Ainsi, mes travaux à l’Inra portaient sur l’impact des signes de qualité sur les orientations génétiques des races locales animales françaises. Puis, durant près de trois ans, j’ai prolongé mon contrat à l’Inra, non pas en tant que chercheuse mais en appui à la recherche. J’ai organisé un symposium et j’ai participé à l’accompagnement des porteurs de projets corses en élevages porcins et équins. » Après avoir effectué un travail de post-doctorant à Montpellier en lien avec les systèmes d’élevage pastoraux, Adeline décide de quitter le domaine de la recherche. En 2013, elle trouve un emploi au sein de l’ONG Cari en tant que chargée de mission désertification. « Je gérais une plateforme permettant de mutualiser les expériences des ONG et des scientifiques ainsi que d’être le porte-parole de la société civile auprès des instances internationales et des États. » Aujourd’hui, en tant que directrice des programmes, Adeline Derkimba supervise et coordonne les programmes de l’ONG. Les visites sur le terrain se raréfient, mais son réseau de relations s’intensifie et contribue à trouver des aides pour développer les projets.

—— Marie-Dominique GUIHARD (Tribune Verte 2041)
(1) Association de solidarité internationale intervenant depuis 1998 auprès des populations rurales du pourtour saharien.