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Création d'entreprise : ne pas rester seul !

Création d'entreprise : ne pas rester seul !

Depuis plus de dix ans, Marc Poupinel accompagne des personnes en reconversion professionnelle sur la création d’entreprise. Il propose aussi de la formation au sein de sociétés ou d’établissements scolaires. Un de ses conseils est de savoir se faire entourer pour soutenir ses projets.

Avec la crise sanitaire que nous traversons, l’esprit d’entreprendre a-t-il été chamboulé, selon vous ?
Marc Poupinel : Sur 2020, l’Insee nous dit que le nombre de créations d’entreprises en France a gagné 4 % par rapport à 2019, et ce malgré la crise sanitaire ! Cette hausse cache tout de même des disparités, car les immatriculations d’entreprises individuelles sous le régime du microentrepreneur ont gagné neuf points, tandis que les créations d’entreprises individuelles classiques ont perdu treize points. Les créations de sociétés de type SA sont, quant à elles, stables.

Avant d’être consultant sur la création d’entreprise, vous étiez vous-même salarié. Comment avez-vous engagé votre reconversion ?
M. P. : J’avais voulu me mettre à mon compte une première fois, mais le timing n’était pas le bon. Souvent, pour des questions personnelles plus que professionnelles, c’est le bon timing qui participe à la réussite d’un projet ! Quelques années plus tard, j’ai franchi le cap et j’ai quitté le monde de la banque, mais je l’ai fait en étant accompagné. Tout d’abord, par le biais d’un programme d’entreprenariat de Team Factory France inspirée de la Team Acadamy, organisation fondée en 1993 en Finlande sur l’apprentissage par l’action, le travail en équipe et l’autonomie. J’ai ensuite rejoint le Centre des jeunes dirigeants (CJD) pour accompagner ma transition du salariat vers l’entrepreneuriat.

Qui accompagnez-vous sur le sujet de l’entrepreneuriat, et de quelle manière ?
M. P. : J’accompagne aussi bien des étudiants à l’esprit d’entreprendre que des professionnels en reconversion professionnelle. Mais dans les deux cas, l’enjeu de la création d’entreprise n’est pas du tout le même : il n’y a pas la même expérience, les mêmes capacités financières, les mêmes objectifs. Mes domaines de prédilection concernent les services aux entreprises, le commerce, l’industrie automobile et aéronautique, la pharmacie et l’agroalimentaire, des secteurs où j’ai pu gagner en expertise lors de mon parcours bancaire. Si j’ai travaillé avec des multinationales, je me concentre aujourd’hui davantage sur des structures plus modestes. Dans le secteur agricole, il m’est, par exemple, arrivé d’accompagner un jeune à monter son atelier de transformation-distribution dans la ferme familiale, afin d’en étudier la viabilité. Souvent, j’accompagne mes clients sur six à douze voire dix-huit mois, dans les phases de lancement de projet, du travail du concept jusqu’à la recherche de financements. Sur la création d’entreprise, il y a en effet deux phases : l’approche globale, qui concerne le concept, le marché, les équipes, abordée dans une première phase de diagnostic systémique ; puis l’aspect purement lié à la création de la société, avec le montage juridique ou la recherche de financements.

Comment savoir si une idée mérite la création d’une entreprise ?
M. P. : En lançant une innovation, vous êtes toujours confronté à la question du bon moment. En se mettant  notamment en relation avec des experts techniques sur le sujet, vous pouvez mieux cerner l’évolution de votre idée. C’est ce que je propose à titre gracieux, grâce à mon réseau de partenaires.

Création ou reprise d’entreprise, quel choix faire ?
M. P. : L’âge a très souvent un impact sur ce choix. Après plus de dix ans d’expérience, les personnes ont davantage d’appétence pour la création d’entreprise individuelle ou la reprise d’entreprise, avec à la fois plus d’expertise, de compétences comme manager, et de capacité de financement. L’enjeu sera alors de pérenniser et de développer l’activité en fonction des objectifs que l’on se fixe. Les plus jeunes sont séduits par la création d’entreprise, osant davantage se lancer sur des concepts nouveaux.

Y a-t-il un cursus nécessaire ?
M. P. : La majorité des personnes que j’accompagne ont un niveau Bac + 2, mais ce n’est en rien un prérequis ! Des artisans avec leur savoir-faire peuvent développer leur entreprise familiale, à taille humaine, sans avoir ce niveau. Tout déprendra de la technicité de l’entreprise.

Quelle est la marche à suivre pour lancer son entreprise ?
M. P. : La première chose, c’est de tester son produit ou son service, pour avoir des retours terrain. C’est l’approche de l’effectuation, ou de l’itération, qui permet de comprendre son marché. Il faut aussi s’entourer de partenaires institutionnels – chambres de commerce et d’agriculture, CMA, Régions, etc. – et bien sûr des partenaires financiers si nécessaire.

Existe-t-il une recette miracle ?
M. P. : Avec les diversités des domaines – service, industrie, agriculture - et la diversité des profils d’entrepreneurs, il serait trop simple d’avoir une recette miracle pour réussir à monter son entreprise, et encore moins dans un monde qui est de plus en plus compliqué et imprévisible ! En revanche, le point commun des entrepreneurs, c’est sûrement d’avoir confiance en leur talent et leur intuition. L’une des erreurs à ne pas commettre dans les débuts, c’est d’être trop souple dans les conditions de paiement. Si travailler seul n’est pas impossible, il faut, quoi qu’il arrive, savoir s’entourer, en particulier pour des activités qui demandent des investissements élevés et des expertises complémentaires à celles du créateur ou de la créatrice d’entreprise.

—— Propos recueillis par Olivier LÉVÊQUE (Tribune Verte 2965)

Focus : TRENTE ANS AUPRÈS DES ENTREPRENEURS

Après avoir travaillé dans le secteur bancaire durant dix-sept ans en tant qu’analyste de crédit pour les entreprises, puis chargé de relation auprès de ces dernières, notamment à Toronto, à Londres, à Toulouse et à Paris, Marc Poupinel a fondé son cabinet de consultant en 2007. Expert en création d’entreprise (business plan, financement…), mais aussi en coaching (développement personnel), il accompagne les petites ainsi que les moyennes entreprises, et intervient auprès de classes d’étudiants en master et de groupes de managers pour de la formation.