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Des nouveaux métiers voient le jour dans les coopératives agricoles

Des nouveaux métiers voient le jour dans les coopératives agricoles

Dijon Céréales, coopérative agricole implantée en Côte-d’Or, emploie 250 salariés.
Les métiers au sein de la structure sont variés : conseil auprès des adhérents, chef de silo, magasinier… Et de nouvelles professions émergent en lien avec l’innovation, l’évolution numérique et technologique de l’agriculture, ou encore la transition énergétique.

La coopérative agricole Dijon Céréales est implantée à Longvic (Côte-d’Or), en Bourgogne. Elle est membre de l’union de coopératives Alliance BFC, fondée fin 2017, avec les coopératives Bourgogne du Sud et Terre Comtoise. La coopérative rassemble quelque 3 800 adhérents agriculteurs, parmi lesquels 2 500 livreurs. L’effectif de la coopérative est de 250 salariés, dont une soixantaine sur les sites de collecte, appuyés par 150 saisonniers pendant la période cruciale de la moisson.
Dijon Céréales collecte entre 900 000 et 950 000 tonnes par campagne, essentiellement du blé, du colza et de l’orge, mais aussi d’autres productions comme le maïs, le soja, la moutarde, le soja, les pois… Elle a réalisé au cours du dernier exercice un chiffre d’affaires de 292 millions d’euros. « Dans les grandes lignes, les métiers de la coopérative sont liés à l’accompagnement et à la relation technique et commerciale avec nos adhérents, à l’approvisionnement (semences, engrais, produits phytosanitaires, alimentation animale), à l’expérimentation agronomique, à la préparation et à la logistique des grains, ainsi, bien sûr, qu’à la commercialisation des productions céréalières et oléoprotéagineuses collectées », résume Emmanuel Coignet, adjoint à la direction des ressources humaines.

Une équipe technico-commerciale de 31 collaborateurs

La coopérative agricole Dijon Céréales dispose d’une équipe technico-commerciale de 31 collaborateurs, répartis en trois spécialités : grandes cultures, nutrition animale et bio. « Les techniciens conseils ont pour mission le suivi et le conseil aux exploitants dans la conduite de leurs cultures. Ils les accompagnent au quotidien, avec un rôle de guide technique et de facilitateur dans la gestion de leurs approvisionnements. Ils sont généralement recrutés niveau BTS. »
Autre secteur d’importance, les métiers liés à la collecte et à l’exploitation des silos : magasinier, chef de silos, chef de région d’exploitation…
La coopérative dispose d’une quarantaine de sites ouverts toute l’année, associant silo et magasin d’approvisionnement. Mais pendant la moisson, le nombre de sites de collecte passe à 75.
« L’activité d’exploitation dans les silos est déterminante : il s’agit de réceptionner les grains, mais surtout de les analyser, de les stocker et d’en assurer la qualité dans le temps. Cela demande de la rigueur, de la surveillance, avec la mise en place de nouvelles techniques pour conserver les grains, comme la ventilation réfrigérée ou la thermométrie, qui permettent de réduire l’utilisation d’insecticides. »
La coopérative dispose également d’un service agronomique, qui teste les variétés, les nouveaux modes de conduite des cultures et la biologie des sols. L’équipe d’expérimentation comprend une dizaine de salariés permanents, que complètent des stagiaires et des contrats pro.
De nouveaux métiers émergent aujourd’hui au sein de la structure coopérative. « Ils sont liés à l’innovation, à l’évolution numérique et technologique de l’agriculture, ou encore à la transition énergétique. Afin de répondre aux attentes de la société et de développer l’agroécologie, de nouveaux outils d’aide à la décision sont déployés. On voit donc apparaître des postes comme celui de technicien OAD, chargé de faire du conseil pour tous ces dispositifs qui n’existaient pas auparavant : les drones, par exemple, précise Emmanuel Coignet. Le développement du digital implique aussi des changements au niveau de nos structures. Nous avons recruté dans ce sens à l’échelle de l’Alliance BFC. Demain, l’agriculteur voudra passer ses commandes sur une plateforme numérique. Les silos seront connectés, il faut s’y préparer. »

Miser sur l’apprentissage

Actuellement engagée dans un renouvellement de générations, la coopérative peut éprouver des difficultés de recrutement sur certains postes, en particulier avec les profils de chef de silos, de magasinier et de conseiller cultures. « Ces difficultés, que les autres coopératives connaissent aussi, sont liées à plusieurs facteurs. D’une part, l’agriculture et ses métiers ont aujourd’hui une image ternie, en lien avec un agribashing récurrent dans les médias. Autre problème : les personnes intéressées par l’agriculture sont majoritairement nées dans ce milieu. Elles ont souvent l’objectif, à plus ou moins long terme, de reprendre une exploitation agricole. Même si ce sont de bons éléments, elles peuvent donc être seulement “de passage” à la coop. Par conséquent, les personnes issues de formations agricoles ne sont pas forcément disponibles sur le marché de l’emploi, ou alors pendant peu de temps. Globalement, nous constatons une pénurie de candidats à la sortie des écoles, notamment en fin de BTS ou de bac pro. Pour pallier cette difficulté, nous essayons de travailler en amont : prendre des apprentis, et les suivre dès le début de leur formation. Au niveau du groupe, nous avons déjà chaque année une vingtaine de contrats d’apprentissage (dix au niveau de la coopérative), allant du niveau BTS au niveau école d’ingénieur, et nous allons encore augmenter ce chiffre. Le but est d’aller chercher les jeunes passionnés par l’agriculture, de créer des vocations en lien avec notre entreprise coopérative, et de les accompagner dans leur cursus. Il faut également ouvrir les profils. Pendant des années, on a trop voulu avoir des personnes issues du milieu agricole », conclut l’adjoint aux ressources humaines au sein de Dijon Céréales.

—— EMMANUELLE THOMAS (Tribune Verte N°2915)
Crédit photo : TOSTTPHOTO H/ADOBE STOCK