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EAC Combes (Cantal) « Mettre les salariés dans les meilleures conditions de travail »

EAC Combes (Cantal) « Mettre les salariés dans les meilleures conditions de travail »

Christian Combes est à la tête, avec son frère Philippe, des Ets Équipement Agricole Cantalien (EAC) Combes. Cette concession agricole a été fondée en 1964, par le père des actuels dirigeants. Aujourd’hui, avec quatre bases dans le Cantal et en Corrèze, EAC Combes distribue la marque Kubota. Retour avec Christian sur ce métier de distributeur de matériels agricoles, qui ne cesse d’évoluer.

L’histoire a démarré en 1964, lorsque Robert Combes décide de fonder avec trois associés une concession agricole. Jusqu’alors, il travaillait dans une concession automobile Renault, qui distribuait les tracteurs Renault. Ce n’était donc pas un saut dans l’inconnu ! Dix ans plus tard, au départ en retraite de ses trois associés, M. Combes décide de reprendre l’entreprise seul. Et ceci jusqu’en 1999, date à laquelle ses deux fils, Christian et Philippe, vont lui succéder. Les établissements EAC distribuent toujours les tracteurs Renault. C’est en 2004, soit après 40 ans de bonnes relations avec le constructeur, que le divorce se fait. « Renault a été racheté par Claas, et nous avons fait le choix de travailler avec une autre marque, explique Christian Combes. Notre choix s’est d’abord porté sur Mc Cormick, puis sur Valtra au début des années 2010. Et depuis 2011, nous avons décidé de travailler avec la marque Kubota, qui présente l’avantage d’être un full-liner ! C’est totalement nouveau pour nous. Jusqu’à présent, nous étions totalement indépendants. Maintenant, nous nous interrogeons sur l’évolution de la distribution avec un fournisseur qui propose une gamme quasi complète pour les agriculteurs de notre région. Naturellement, les liens économiques seront de plus en plus étroits et notre culture de distributeur multi-marque s’en trouvera modifiée. La stratégie de Kubota est clairement exposée, et les réalisations récentes (renouvellement de gammes, adaptation des produits à nos marchés, accompagnement du réseau...) nous donnent totalement confiance en l’avenir, d’autant que les relations sont vraiment bonnes. »
Et travailler avec un fournisseur qui propose une gamme longue peut être un avantage pour Christian Combes : « Dans notre région d’élevage, nous sommes en mesure de répondre à l’ensemble des demandes de nos clients grâce à la gamme Kubota. Ils proposent des tracteurs allant de moins de 20 chevaux, jusqu’à 170 chevaux pour le plus gros modèle, mais aussi des outils de travail du sol, de semis, ainsi que tous les outils nécessaires pour la fenaison, qui est essentielle dans notre zone. Je suis totalement convaincu que le choix fait par l’entreprise japonaise de devenir full-liner est le bon. Il n’y a qu’à voir comment les autres constructeurs ont réagi à la suite du rachat de Kverneland/Vicon par Kubota, en 2012. Tous les tractoristes se sont mis à racheter des équipementiers afin d’avoir également une gamme longue. »

Du produit, mais aussi du service !

Mais bien choisir son fournisseur, ce n’est pas forcément le plus important pour pérenniser une concession agricole. En effet, pour être efficace dans son métier, Christian Combes estime qu’il faut maîtriser principalement deux leviers : les occasions qui rentrent à la suite des rachats de matériels, mais surtout le service et le relationnel avec les clients. « J’insiste fortement sur ce dernier point, commente le dirigeant. Lors de tout recrutement, je regarde bien entendu le parcours des personnes qui postulent, et leurs compétences techniques, mais pour moi, cela ne fait pas tout. J’essaye au maximum de prendre du personnel qui va être en mesure d’adhérer à la politique de l’entreprise. En effet, il est essentiel que nos salariés comprennent dès le départ que le service est une priorité chez nous. » Et pour proposer le meilleur service possible, il est important que les salariés se sentent bien dans l’entreprise. C’est pourquoi le dirigeant met en place un suivi régulier avec chacun des 20 salariés de l’entreprise.

Une entreprise certifiée ISO 9001

« En effet, en 2004, à la suite d’un audit pour entrer dans une démarche qualité ISO 9001, j’ai pris conscience qu’il était nécessaire de mettre en place un suivi personnalisé avec mes salariés. Depuis, je rencontre de façon individuelle, tous les 18 mois, chaque membre de l’équipe. C’est l’occasion pour moi d’analyser ce qui fonctionne ou non dans le poste, de mieux cibler les attentes du salarié, mais aussi de se fixer ensemble des objectifs à atteindre pour la période de 18 mois qui arrive. De plus, nous avons mis en place un système de formation continue, pour accompagner nos équipes dans les pratiques agricoles en mouvement constant. » Dans la gestion de la ressource humaine, là aussi le dirigeant a dû évoluer avec son temps. « Je pense que l’entreprise monolitique, où tout le monde commence à 8 h et finit à 17 h, c’est fini, constate Christian Combes. Désormais, nous sommes obligés d’individualiser les plannings, pour prendre en considération les besoins de chaque salarié. Il me semble essentiel, pour proposer un service de qualité, de mettre mes salariés dans les meilleures conditions de travail. L’échange doit se faire dans les deux sens. Je ne peux pas demander à quelqu’un d’être le plus performant possible, et ne rien lui céder en retour. C’est dans cet esprit que j’ai réussi à aménager l’emploi du temps d’un de mes magasiniers qui est double actif. Il travaille au magasin le matin, et l’après-midi il s’occupe de sa ferme. C’est un véritable atout auprès de nos clients, car il est l’un d’eux ! Même chose au niveau du secrétariat, où les collaboratrices ont elles-mêmes organisé leur planning et s’adaptent en fonction de la charge de travail. C’est sans doute plus compliqué pour moi que de gérer 20 plannings identiques, mais les habitudes changent, nous devons nous adapter ! »

—— SIMON BILLAUD (Tribune Verte 2901)


DEUX SOCIÉTÉS POUR QUATRE BASES

Les établissements Équipement Agricole Cantalien Combes desservent tout l’ouest du Cantal, grâce à trois bases. Au siège social de l’entreprise, à Naucelles, aux portes d’Aurillac, la concession agricole s’étend sur un terrain de 1,5 ha, avec 2 400 m2 de bâtiment. En 2005, les dirigeants ont créé une deuxième société, Combes Agri Services, à Malemort en Corrèze. En 2008, ils ont décidé de monter une deuxième base dans le Cantal, à Mauriac. Cette base a déménagé l’an dernier sur la même commune, à la suite du rachat d’une concession agricole concurrente. Entre-temps, en 2014, les dirigeants avaient décidé de monter une quatrième succursale à Maurs, qui a malheureusement brûlé fin mai 2018. En tout, les quatre bases comptent 19 personnes dans le Cantal pour la partie EAC Combes, et cinq personnes en Corrèze pour la société Combes Agri Services.

Apprentissage

« NOUS N’AVONS PAS PEUR D’INVESTIR »
Depuis plusieurs années, Christian Combes fait un constat alarmant : « Notre filière agroéquipement manque de jeunes. Il faut la faire connaître davantage. Nos écoles proposent des équipements haut de gamme, dans des installations bien souvent au top pour être en mesure de former de très bons techniciens, mais il ne manque qu’une chose : les jeunes qui ont envie d’apprendre ! » C’est pour cela que depuis quelques années maintenant, les établissements Combes n’hésitent plus à s’associer à de nombreuses écoles pour former des apprentis, aussi bien dans l’atelier que pour la vente. « Ce sont les deux postes sur lesquels il est le plus dur de recruter des bons profils, explique le dirigeant. Nous réinvestissons fortement dans la formation, même en interne. Actuellement, nous réfléchissons à aménager le poste de chef d’atelier, lui trouver un adjoint à qui déléguer certaines tâches du quotidien, afin qu’il soit en mesure de passer beaucoup plus de temps dans l’accompagnement et dans la formation de nos équipes d’ateliers. » Et si l’apprenti décide de changer de boutique à la fin de sa formation ? Christian Combes se montre bon joueur : « Le principal pour nous, c’est qu’il reste dans la filière. Certains concurrents préfèrent recruter des jeunes déjà formés, en augmentant les salaires, c’est une décision que je respecte totalement. Cela aura pour conséquence à moyen terme d’augmenter le salaire moyen dans l’ensemble de la filière, et donc de la rendre plus séduisante pour nos jeunes. Et peut-être qu’alors les écoles se rempliront ! »