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Formations : À l'interface entre la science des données et l’agronomie

Formations : À l'interface entre la science des données et l’agronomie

Les écoles de Montpellier SupAgro et d’UniLaSalle proposent aux étudiants diplômés d’un niveau Bac+4 d’acquérir une double compétence en agronomie et en science des données. De nombreuses carrières s’offrent ensuite à eux.

Avec l’explosion des données dans le monde agricole, les entreprises risquent d’avoir de plus en plus besoin de personnes bénéficiant d’une double compétence dans ces deux domaines : l’agronomie au sens large et la science des données (ou data science). Des écoles l’ont bien compris. Le campus de Rouen de l’école d’ingénieurs UniLaSalle propose par exemple le master of science (MSc) « Agricultural & food data management ». En tant que MSc de la Conférence des grandes écoles, il est accessible après un diplôme de niveau Bac+4 (sauf dérogation). La formation se déroule en 18 mois, par alternance. « Les deux premiers semestres sont académiques. On consolide les connaissances en programmation, en statistique. Il y a également des incursions d’autres matières, comme l’agriculture de précision, le management, mentionne Salima Taïbi, coresponsable du MSc Agricultural food & data management avec Jérôme Dantan. Dans le second semestre, on approfondit tout ce qui concerne l’intelligence artificielle et le big data. Le 3e semestre se passe enfin en entreprise. »

En complémentarité avec Agrocampus Ouest

Les responsables pédagogiques reçoivent plus d’offres de contrats qu’ils n’ont d’étudiants. La situation est équivalente pour l’option « Data science pour l’agronomie et l’agroalimentaire » du cursus ingénieur agronome de l’école Montpellier SupAgro. Les étudiants peuvent la choisir lors de leur spécialisation de dernière année de cycle ingénieur. Elle se fait en complémentarité avec l’école d’Agrocampus Ouest, située à Rennes. Entre septembre et novembre, les enseignements se déroulent dans la capitale bretonne, puis se poursuivent jusqu’en février à Montpellier. Les étudiants partent ensuite en stage de fin d’année. « À Rennes, ils sont formés aux statistiques appliquées et à la mise en oeuvre avec R (un logiciel d’analyse statistique gratuit). Ils étudient par exemple des approches de machine learning. C’est une technique que l’on met en oeuvre pour apprendre automatiquement à partir d’un jeu de données, explique Bénédicte Fontez, coresponsable pédagogique de l’option Data science pour l’agronomie et l’agroalimentaire avec Hazaël Jones. À Montpellier, ils sont formés sur les notions d’agriculture numérique, tout ce qui concerne les données issues de capteurs, leur utilisation… Ils ont également pendant 15 jours un défi avec un industriel. Ils mettent en commun leurs compétences avec les étudiants suivant la spécialité AgroTIC1 pour mettre en oeuvre un prototype ou une preuve de concept. »

Maths, stats, informatique

Montpellier SupAgro peut accueillir jusqu’à 15 étudiants, tandis qu’UniLaSalle peut en recevoir jusqu’à 25. Pour les deux formations, les étudiants doivent être à l’aise en mathématiques, statistique et informatique. Ils vont en effet devoir apprendre beaucoup de méthodes pour analyser les données et en extraire de la connaissance. « Il est facile d’acquérir des données mais après il faut savoir les exploiter. On se retrouve parfois, avec des données hétérogènes provenant du terrain. Les étudiants apprennent donc à gérer les données (les nettoyer, les traiter) pour répondre à des questions. Elles doivent être bien précisées avec des indicateurs bien identifiés. Il est donc nécessaire qu’ils aient des connaissances en agronomie et agroalimentaire pour formaliser les questions, puis des capacités à analyser les données », résume Bénédicte Fontez.

Une fois formés, les étudiants peuvent espérer évoluer à des postes de data analyst, data scientist – pour les plus matheux, chargé d’études, consultant, responsable d’expérimentation (…) dans des start-up, des instituts de recherche, des PME ou encore de grands groupes. Les domaines d’application sont nombreux : agronomie, élevage, banque, cartographie, agroalimentaire, logistique, machinisme agricole, pharmaceutique…

—— Caroline EVEN (Tribune Verte 2961)
(1) TIC pour technologies de l’information et de la communication.

Formations continues : L’ACTA FORME LES DÉBUTANTS ET LES PLUS CONFIRMÉS

Depuis trois ans, l’Acta, qui coordonne les missions des instituts techniques agricoles, propose « Data science pour l’agriculture ». Cette formation d’une vingtaine d’heures s’adresse à des ingénieurs et chercheurs travaillant dans les domaines de l’agriculture et de l’environnement, et connaissant a minima le logiciel R destiné à l’analyse statistique. Depuis peu, l’Acta a ajouté à son catalogue « Initiation à la science des données : valoriser les données agricoles pour les services de demain ». Cette formation se déroule en trois sessions d’1,5 h et touche un public plus large. Aucun prérequis n’est exigé. « La formation est destinée aux personnes qui se posent des questions sur la science des données mais qui ne sont pas dans l’application. C’est en quelque sorte le premier niveau en science des données », indique François Brun, responsable de l’équipe « Agriculture numérique et science des données » à l’Acta. Pour en savoir plus : www.acta.asso.fr/formations-acta/science-des-donnees.html.

VIVEA FINANCE DES FORMATIONS : AUTOUR DE L’AGRICULTURE NUMÉRIQUE

Vivea, le fonds d’assurance formation des actifs non salariés agricoles, finance actuellement plusieurs formations touchant à l’agriculture numérique. Les chefs d’entreprise du secteur agricole et leurs conjoints peuvent ainsi se voir proposer par des prestataires, des formations courtes sur : les enjeux du RGPD et la sécurité numérique, la modulation intraparcellaire afin d’optimiser l’usage des produits phytosanitaires ou encore la manière d’optimiser l’utilisation de son logiciel du robot de traite. Dans les mois à venir les formations autour de cette thématique de l’agriculture numérique devraient se développer. Vivea compte en effet accompagner cette dynamique. « Le conseil d’administration de Vivea a validé son plan stratégique pour 2021-2026. Le déploiement des solutions digitales et son accompagnement par la formation sont une de nos priorités, tout comme le sont les ressources humaines ou encore la préservation de l’environnement, explique Béatrice Dingli, directrice générale de Vivea. Un de nos objectifs est de développer les formations sur le numérique en agriculture et notamment dans les exploitations. Nous souhaitons aider les agriculteurs à étudier les différentes solutions disponibles, analyser les plus opportunes, tout en intégrant les dimensions de retour sur investissement. Aujourd’hui, il y a en effet beaucoup de faiseurs de solutions ce qui peut générer de l’hésitation ou de l’insécurité pour les agriculteurs. Au travers de formations, nous souhaitons notamment les aider à conforter leur choix en étudiant leurs besoins. »