En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez que les cookies soient utilisés afin de vous proposer des contenus pertinents et une meilleure expérience. En savoir plus

La coopérative agricole, un modèle d'entreprise à part

La coopérative agricole, un modèle d'entreprise à part

Une coopérative agricole est une entreprise créée par des agriculteurs pour acheter en commun ou pour valoriser et vendre ensemble leurs produits agricoles. Fondé sur la démocratie et la solidarité, le modèle coopératif place les hommes au coeur de son fonctionnement et prône une action collective tournée vers un but commun.

Une coopérative agricole est une entreprise créée par des agriculteurs et gouvernée par eux. Ils en sont les propriétaires mais aussi les fournisseurs en productions animales ou végétales qui seront collectées et transformées par leur coopérative, souvent jusqu’au produit de consommation. Être membre d’une coopérative agricole permet une mutualisation des charges et des investissements (réseau d’expertises, outils de transformation, marketing, logistique, R & D) ainsi qu’un partage des risques, alors que les coopératives agricoles font face à de nombreux défis (un contexte économique concurrentiel, crises sectorielles et internationales, aléas climatiques). Être membre d’une coopérative agricole, c’est aussi pour les agriculteurs une façon de maîtriser leur indépendance économique grâce à la structuration des filières agricoles et à la commercialisation des produits organisée par leur coopérative. En regroupant leur offre agricole, en investissant ensemble dans des services innovants et dans des outils de
transformation, ils sont mieux armés pour peser sur les marchés très concurrentiels.

« Un homme, une voix »

Statutairement, une coopérative est une société de personnes et non de capitaux. Ces sociétés d’hommes pratiquent un mode de gouvernance démocratique selon le principe « un homme, une voix ». Lors des assemblées générales, chaque agriculteur, quelle que soit la taille de son exploitation, dispose d’une voix pour donner son avis sur les grandes orientations proposées pour sa coopérative. Au sein d’une coopérative agricole, chacun, peu importe sa part de capital social, exerce un pouvoir de décision équivalent. La vocation d’une coopérative agricole n’est pas de rémunérer des actionnaires financiers, mais d’assurer un avenir professionnel à ses membres.

Des filières de production très variées

Son organisation tout entière est fondée sur la participation des agriculteurs sociétaires. Encourageant la notion d’équité, la distribution des bénéfices tient aussi compte de la mise en réserve d’une partie des profits pour assurer la solidité financière de l’entreprise à long terme. Dans la même logique, les coopératives agricoles sont des entreprises non OPAbles et non délocalisables. Au niveau de leurs activités, les coopératives agricoles sont présentes dans de nombreuses filières de production agricoles : lait, miel, vin, tabac, aviculture, lin, forêt et bois, alcool et distillerie, plantes aromatiques, à parfum et médicinales, bétail et viande, fruits et légumes, betterave et sucre, électricité, luzerne, grainsapprovisionnement, nutrition animale. Les agriculteurs se regroupent aussi pour créer des coopératives de services : des Cuma (utilisation de matériel en commun) afin de baisser les coûts de mécanisation ou de main-d’oeuvre dans leurs exploitations, et des centres d’insémination des animaux pour améliorer la génétique des troupeaux. Qu’elles soient TPE, PME ou groupes à vocation internationale, les entreprises coopératives ont développé de nombreuses marques propres. Enfin, elles organisent et développent des productions couvrant les besoins variés des consommateurs : produits de terroir, produits régionaux ou encore produits de grande consommation (bruts ou transformés) pour répondre à la demande alimentaire européenne et mondiale.

—— Danielle BODIOU avec Coop de France (Tribune Verte n°2911)

La coopération agricole… UN ACTEUR ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DE POIDS

  • 84,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires global
  • 2 400 entreprises coopératives
  • 13 grands groupes
  • 149 entreprises de taille intermédiaire (ETI)
  • 40 % du chiffre d’affaires de l’agroalimentaire français
  • 12 260 Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole)
  • 190 000 salariés
    Source : Coop de France

Corinne Lelong, directrice des affaires sociales de Coop de France « UNE MULTITUDE DE MÉTIERS DIVERSIFIÉS ET PASSIONNANTS »

Quels sont les métiers de la coopération agricole ?

La coopération agricole compte 2 400 entreprises coopératives (dont 93 % sont des PME de moins de dix salariés) offrant une multitude de métiers aussi diversifiés et passionnants que les secteurs dans lesquels elles exercent leur activité. En lien avec la collecte, la transformation et la commercialisation de produits agricoles, les profils des  salariés de la coopération agricole sont souvent issus des filières de l’enseignement agricole, comme les techniciens conseils ou les ingénieurs agronomes souvent très spécialisés. Mais les coopératives ont également besoin de conducteurs de ligne, d’agents de maintenance, de chauffeurs et bien sûr de RH, de juristes, de financiers ou d’informaticiens pour assurer le bon fonctionnement au quotidien de l’entreprise. Les métiers sont assez différents d’un secteur à l’autre : postes liés à l’abattage, à la découpe (viande), conducteurs d’installations, agents de silos (céréales), responsables de magasins, conseillers vendeurs (distribution verte), techniciens conseil (élevage, cultures). Ancrés dans les territoires, les métiers de la coopération agricole évoluent en permanence pour répondre aux mutations économiques, technologiques et sociétales de l’agriculture. Le point commun de tous ces métiers, c’est le lien spécifique qui unit les salariés et les agriculteurs adhérents au sein de chaque coopérative. C’est ce lien spécifique qui donne tout son sens au travail et à l’engagement professionnel des salariés de coopératives agricoles.

Y a-t-il des métiers en tension dans les coopératives agricoles ?

Les coopératives agricoles recrutent et ont de plus en plus souvent du mal à trouver des profils adaptés. Il existe effectivement un certain nombre de métiers dits « en tension » parmi lesquels les opérateurs de maintenance, les chauffeurs, les conducteurs d’installation (céréales) ou encore les conducteurs de ligne (lait, céréales).
Les métiers agricoles souffrent d’un manque d’attractivité auprès des jeunes, en lien avec une méconnaissance de nos activités et de nos spécificités. Alors que des postes sont à pourvoir dans le secteur de la viande, les métiers au sein des coopératives d’abattage souffrent d’une mauvaise image, de conditions de travail contraignantes, de métiers jugés peu enrichissants et de postes peu qualifiés. Cette perception est aujourd’hui en décalage avec la réalité de l’entreprise qui mène des travaux importants d’amélioration des conditions d’emploi. La plupart des métiers de la coopération agricole requièrent une forte technicité, offrent une autonomie importante et une véritable capacité décisionnelle.

Comment attirer les talents dans les coopératives agricoles ?

Nos coopératives agricoles offrent des métiers et des parcours professionnels passionnants au coeur des territoires. Nous devons faire connaître et reconnaître le caractère différenciant du système coopératif et des valeurs qu’il véhicule, y compris dans la relation salariale.
Le statut coopératif est innovant. Il doit être mieux connu et les valeurs coopératives davantage valorisées. Dans ce cadre, Coop de France et la DGER ont conclu, à l’occasion du Sia 2019, une convention destinée à mieux faire connaître le statut et les métiers de la coopération agricole aux élèves de la filière agricole. Au sein d’Opcalim, nous travaillons déjà depuis plusieurs années sur l’attractivité des métiers agroalimentaires, et demain, avec Ocapiat, nous travaillerons plus largement sur les métiers agricoles avec notamment une présence sur les forums d’orientation et dans les écoles à travers l’Onisep.
Aujourd’hui, pour attirer les talents, nous comptons surtout, comme la réforme de la formation nous y incite, développer l’apprentissage au sein des branches professionnelles de la coopération agricole. Nous souhaitons nouer davantage de partenariats avec les écoles et les centres de formation d’apprentis, attirer les talents dans nos coopératives, les accueillir et les fidéliser grâce à des parcours d’intégration et d’évolution de carrière motivants et différenciants.