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Les entreprises où il fait bon travailler

Les entreprises où il fait bon travailler

Trois cas concrets de démarches réussies
Isagri, Smag et InVivo sont des sociétés qui prennent en compte les besoins de leurs salariés tout en les intégrant dans leur projet entrepreneurial. Expériences de ces entreprises qui, aujourd’hui, doivent le faire savoir pour attirer de nouveaux candidats.

Les sociétés où il fait bon travailler attirent les salariés, et particulièrement les jeunes. Aussi, déploient-elles parfois tout un arsenal de mesures afin de garder ces compétences et de les fidéliser. Chez Smag, éditeur de logiciels agricoles et filiale du groupe InVivo, où la moyenne d’âge des salariés est de 30 ans, cette notion se décline sous diverses formes empruntées aux outils de management les plus modernes. « Les nouvelles générations sont en quête de sens. Et l’agriculture est porteuse de valeurs pour lesquelles ces jeunes sont sensibles. Nos logiciels, par exemple, permettent d’optimiser de nouvelles pratiques agricoles et favorisent le développement durable. Dans nos réunions, nous insistons régulièrement sur ces sujets. Et pour mettre à l’aise les futures recrues, nous avons recours à des Mooc et à du e-learning avant même leur entrée dans l’entreprise. Depuis deux ans, cette pratique a été maintes fois reproduite puisque nous avons doublé nos effectifs. Nous embauchons sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation des développeurs informatiques sensibilisés aux enjeux de production, aux problématiques agricoles et au respect de l’environnement
», souligne Aurélie Lhermitte, responsable des ressources humaines chez Smag.

Activités communes hors du travail

Pour mieux assurer la cohésion des équipes qui représentent 180 salariés sur cinq sites, les team building, ces séminaires interéquipes, animés par les responsables managers, encouragent les échanges hors cadre professionnel. Dans le même objectif, les salariés de Smag participent aussi à des ateliers pour échanger autour de l’agilité en entreprises ou encore de la performance de production par le lean management. D’autres activités sont programmées tout au long de l’année : des sessions de sport en équipe ou encore des déjeuners en terrasse. Par ailleurs, Smag travaille de concert avec InVivo sur la gestion des talents, notamment de haut potentiel, et sur la politique de formation.
Dans notre monde de communication exacerbée et de marché du plein-emploi des cadres et des salariés spécialisés, les entreprises ont compris l’importance de faire connaître leur stratégie managériale. Isagri, autre éditeur de logiciels, a eu l’idée originale de participer au concours de Great Place to Work® et de recevoir le label dès la première année. Grâce à des outils d’enquête, un diagnostic approfondi est effectué au sein de l’entreprise qui a choisi de participer à ce concours. Il s’agit tout d’abord d’un questionnaire anonyme, appelé trust index©, adressé aux collaborateurs, fondé sur un modèle à cinq dimensions (crédibilité, respect, équité, fierté et convivialité). Il comprend 64 questions fermées, deux questions ouvertes et sept questions démographiques. L’autre outil, le culture audit©, est un document produit par le demandeur qui doit recenser l’ensemble de ses pratiques managériales en lien avec neuf leviers d’action (recruter et accueillir, inspirer, communiquer, écouter, remercier, faire évoluer, porter attention, célébrer et partager). Ce dossier est évalué par une équipe dédiée chez Great Place to Work®, en fonction d’une méthodologie internationale prenant en compte la variété, l’originalité, l’« inclusivité », la générosité et l’intégration des pratiques.

Le label comme outil communicatif

« Durant quinze ans, nous avons réalisé des enquêtes de satisfaction auprès de nos 850 salariés, mais nous n’avions aucune comparaison avec d’autres entreprises pour encore nous améliorer. Nous avons choisi le concours Great Place to Work®, une référence dans le domaine avec un questionnaire anonyme et des paramètres dont certains correspondent à nos activités. Les résultats ont été au-delà de nos espérances. 60 entreprises concourent chaque année en France, et près de 25 sont désignées lauréates. Dès la première année, nous avons été classés 20e, et 18e l’an dernier », explique Gersende Boulnois, directrice des ressources humaines. L’initiative de participer à ce concours et d’avoir obtenu un bon classement a eu des retombées très positives. « Isagri, qui embauche beaucoup de jeunes, est assez connu dans le monde agricole, mais peu dans d’autres domaines comme l’informatique ou la comptabilité. Un candidat sur deux nous parle désormais de ce concours lors des entretiens d’embauche. Nous avons donc réussi notre pari de gagner en notoriété. Et les candidats le savent bien, ce concours permet de continuer à évoluer et à atteindre plus facilement ses objectifs », développe Gersende Boulnois. Le projet d’Isagri, qui va s’achever en 2023, n’est sans doute pas étranger à la réussite de ce concours. « Notre projet de responsabiliser davantage les salariés, d’impliquer les jeunes dans des projets transverses et de les rendre plus autonomes est en cours de réalisation », précise Gersende Boulnois. L’équipe de Great Place to Work® conseille également les entreprises. Les échanges entre elles aident aussi. « Quelle place nous sera attribuée cette année ? questionne la directrice des ressources humaines. Le challenge est de plus en plus difficile à obtenir dans des domaines où nous sommes déjà performants, comme l’éthique et la convivialité. Afin d’améliorer notre efficacité, les résultats des questionnaires sont remis à chaque service pour comprendre et étudier ce qui peut encore évoluer. »

InVivo

LE GROUPE ENCOURAGE L’ÉMANCIPATION DE SES SALARIÉS

Premier groupe coopératif agricole français, InVivo a bâti un plan stratégique 2025 by InVivo où l’un des axes consiste à investir dans les métiers d’avenir, à développer des activités économiques créatrices de valeur afin d’accroître la capacité d’investissement et de développement sur le long terme. « Pour motiver nos salariés en interne, explique Sébastien Graff, directeur des ressources humaines du groupe InVivo, et pour les engager dans le plan de transformation numérique, nous avons édité un livre blanc en 2017 qui retrace les huit axes de transformation nécessaire à la transition numérique. Parmi ces axes, certains concernent l’écosystème des start-up dont un challenge d’innovation annuel, InVivo Quest. » Soutenu par BNP Paribas, Bpifrance, Business France, Grant Thornton, La Poste Solutions Business, Sopexa et le Cabinet Bondard, ce challenge vise à faire émerger des solutions innovantes et durables au bénéfice de l’agriculture et de l’alimentaire, auprès d’entrepreneurs français et internationaux. Les projets lauréats sont financés, soit par le fonds propre d’investissement d’InVivo, soit accompagnés dans son développement. Parmi eux, on peut citer Biomédé et Aptimiz en 2017, et Javelot en 2018.
En interne, l’émanation d’idées est favorisée chez les salariés et peut déboucher sur de nouveaux services. C’est ainsi qu’une offre nouvelle d’assurance récolte digitale a été créée pour les agriculteurs. Cette proposition a débouché sur la création d’une filiale appelée Agro Solutions Insurrance dont les fondateurs sont détachés à temps complet ou partiel. « Ces nouvelles conceptions débouchent sur un vrai changement de mentalité chez InVivo, se réjouit Sébastien Graff. Nous avons déménagé en 2017. Notre nouvel environnement, plus digital, contribue également à ce changement. »

-- MARIE-DOMINIQUE GUIHARD (Tribune Verte N° 2908)
Crédit photo : SMAG