En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez que les cookies soient utilisés afin de vous proposer des contenus pertinents et une meilleure expérience. En savoir plus

Les formations pro à distance plébiscitées

Les formations pro à distance plébiscitées

Vivea avait déjà engagé un travail sur le digital avec les organismes de formation. La crise sanitaire a accéléré le processus.

La crise sanitaire a été un vrai coup d’accélérateur dans la transformation des formations professionnelles réalisées en présentiel en format digital, complètement ou partiellement. « De nombreuses formations en 2020 ont basculé pendant la période de confinement sur un format digital du fait d’un confinement obligatoire et à ce jour, 77 formations se sont transformées en format digital pendant la période critique du mois d’avril », indique Béatrice Dingli, directrice de Vivea. Vivea travaillait déjà sur le digital et accompagne depuis 2015 les organismes dans la transformation de leurs formations vers davantage de digital à travers notamment la communauté Formidable qui regroupe plus de 200 organismes de formation. « À l’origine, le développement du digital avait pour intention de répondre aux besoins et aux attentes pressentis des jeunes installés. Ce travail a trouvé une autre application avec la crise de la Covid-19, et le mouvement a clairement été accéléré », précise-t-elle. Passer du présentiel au digital n’est pas si facile. Construire une formation en digital est plus difficile qu’une formation en présentiel, et constitue un véritable challenge pour les organismes de formation.

Garder les e-stagiaires en éveil

« Une formation professionnelle à distance, ce n’est pas simplement un intervenant qui parle. Un accompagnement technique doit être mis en place pour vérifier que les apprenants ne rencontrent pas de problème de connexion, que les supports de formation soient bien adaptés et partageables par tous. Il faut également diversifier les interventions, s’assurer que chaque participant peut réaliser des exercices individuels afin de progresser dans le parcours de formation et garder les e-stagiaires en éveil, et s’assurer d’un suivi pédagogique sérieux et notamment apporter réponses aux questions posées dans un délai de 24 à 48 heures, etc. », explique-t-elle. La digitalisation impose également la mise en place d’outils pour vérifier que les formations sont bien suivies par les stagiaires et donc s’assurer d’une progression par tous. Les formations doivent par ailleurs être adaptées en matière de durée. « On ne peut pas demander à un chef d’entreprise de rester assis pendant 7 heures d’affilée devant son écran d’ordinateur. Les formations digitales sont donc le plus souvent scindées en séquences de deux heures », précise-t-elle. Après ce bond en avant « forcé » par la crise sanitaire, d’autres pistes de travail sont à l’étude. « La crise a réinterrogé les systèmes de formation. Nous réfléchissons par exemple à introduire le jeu dans les formations, la gamification pourrait aussi répondre aux attentes des plus jeunes générations », conclut-elle.

—— Emmanuelle THOMAS (Tribune Verte 2967)

Coopérative Arterris : FORMER LES SAISONNIERS EN DISTANCIEL

Le groupe coopératif occitan Arterris embauche chaque année 600 saisonniers pour des activités diverses : collecte, essais et production de semences, etc. D’habitude, une formation à la sécurité de 2 heures est dispensée en juin présentiel sur 4 sites répartis sur le territoire de la coopérative. Le but est de rappeler les règles de sécurité pour éviter les accidents du travail et de  donner quelques notions sur les métiers du grain. Les saisonniers sont ensuite formés sur site aux spécificités de leur activité par leur responsable. « Rassembler des centaines de personnes en amphithéâtre n’était pas possible en 2020. Nous avions opté pour une formation en ligne, avec l’aide de Coop de France, explique Marie Brahem, responsable du recrutement chez Arterris. Nous y pensions déjà mais l’arrivée de la Covid-19 a accéléré ce passage au digital. La formation à distance a aussi l’avantage de nous permettre de former au fil de l’eau de nouveaux saisonniers, de ne pas être obligé de finaliser tous les recrutements pour une date fixe. Pour nous l’organisation est plus souple. Pour eux c’est un gain de temps en supprimant les déplacements. Ils se forment chez eux, quand ils le souhaitent. Le format est également efficace : les chiffres montrent que cette session en ligne a été davantage suivie par rapport aux années précédentes en présentiel. Et nous n’avons pas noté de hausse d’accidents du travail. » En 2021, l’opération a été renouvelée sous format digital. « Au-delà de la Covid-19, c’est une organisation plus simple à mettre en place, même si elle a un coût. »