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Marché de l'emploi : l'embellie avant la crise

Marché de l'emploi : l'embellie avant la crise

Jusqu’en 2017, l’économie française avait renoué avec la croissance. Conséquence logique, l’emploi était reparti et le taux de chômage avait continué de baisser, pour atteindre, en 2019, son plus bas niveau depuis 2009. Mais en 2020, la crise sanitaire a changé la donne…

En 2019, l’emploi a – encore une fois – bénéficié d’une embellie : « Fin 2019, en France, 28,5 millions de personnes étaient en emploi, dont 25,5 millions de salariés et 3 millions de non‑salariés, notait l’Insee. Cela représentait 359 000 emplois de plus en un an (soit une hausse de 1,3 %), après 225 000 créations nettes en 2018 (+ 0,8 %), retrouvant le rythme de 2017. »

Cette accélération provenait principalement de l’emploi salarié privé, (augmentation de 1,4 % après une précédente de 0,8 %). L’emploi public avait rebondi modérément, surtout parce que le nombre de bénéficiaires de contrats aidés avait moins baissé que les deux années précédentes. De son côté, l’emploi non salarié avait également augmenté (hausse de 2,4 %), quasiment comme en 2018 : « Il avait été porté par des mesures favorables aux micro‑entrepreneurs : doublement du plafond de chiffre d’affaires en 2018, et élargissement de l’aide à la création d’entreprise (ACRE) à tous les créateurs en 2019 », soulignait l’Insee. Rappelons que lors de la crise économique de 2008‑2009, 361 000 personnes avaient perdu leur travail. L’emploi s’était ensuite redressé les deux années suivantes, avant de s’infléchir en 2012. Il avait ensuite renoué avec la croissance, modérée en moyenne entre 2013 et 2015, puis plus soutenue depuis 2016. En moyenne, en 2019, 74,6 % des personnes en emploi étaient salariées en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires ; les autres salariés étaient en contrat à durée déterminée (CDD ; 9,1 % de l’emploi), en intérim (2,4 %) ou en apprentissage (1,7 %). L’Insee a également constaté qu’avec moins d’emplois à durée limitée, moins de temps partiels et moins de sous‑emplois, la qualité de l’emploi s’était améliorée en 2019.

En 2019, le chômage a poursuivi sa baisse

Ainsi, le chômage avait de nouveau baissé en 2019, rapportait l’Insee : « Le taux de chômage s’établissait à 8,4 % de la population active, après 9 % en 2018 et 10,3 % lors de son précédent point haut en 2015. Il avait diminué pour la quatrième année consécutive, portant à – 1,9 point la baisse depuis 2015, après avoir augmenté entre 2008 et 2015. Le taux de chômage avait atteint son plus bas niveau depuis 2009 ; même s’il restait néanmoins encore supérieur de 1 point à son niveau de 2008, son dernier point bas, avant la crise économique de 2008‑2009. » En 2019, le taux de chômage avait reculé de 1,2 point pour les jeunes de 15 à 24 ans, et de 0,7 point pour les 25‑49 ans, alors qu’il était resté stable pour les 50 ans ou plus. Le taux de chômage des jeunes est resté en 2019 bien plus élevé que celui de leurs aînés : il s’élevait à 19,6 %, contre 7,8 % pour les 25‑49 ans et 6,3 % pour les 50 ans ou plus. « Cela résulte du fait que les 15‑24 ans, déjà présents sur le marché du travail, sont globalement peu diplômés, et que le risque de chômage est plus élevé en phase d’insertion professionnelle : en 2019, 16,9 % des actifs ayant terminé leurs études depuis un à quatre ans étaient au chômage, contre 10,7 % de ceux étant sortis de formation initiale depuis cinq à dix ans, et 6,8 % de ceux sortis du système éducatif depuis 11 ans ou plus », précisait l’Insee.

Crise sanitaire : quelles perspectives pour 2020 ?

Malheureusement, cette embellie qu’a connu le marché de l’emploi depuis plusieurs années a été stoppée par la crise sanitaire qui touche actuellement le pays. Entre fin décembre 2019 et fin juin 2020, 715 000 salariés ont perdu leur poste, soit une baisse 2,8 %. Cette diminution, d’une ampleur inédite, reste beaucoup plus limitée que celle de l’activité (- 13,8 % au deuxième trimestre après – 5,9 % au premier). Cette relative résistance de l’emploi signale une importante rétention de main-d’oeuvre de la part des employeurs, permise en premier lieu par le dispositif d’activité partielle. Sur l’année 2020, l’emploi non salarié baisserait au même rythme que l’emploi salarié, ce qui porterait le total des destructions nettes d’emplois (salarié et non salarié) à 840 000 sur un an. Nous pouvons cependant noter que le secteur de l’agriculture est relativement épargné par les destructions d’emplois. Selon les dernières estimations publiées par l’Insee, le taux de chômage atteindrait 9,7 % à la fin de l’année 2020.

Les recrutements des cadres en recul de 30 à 40 %

Selon le dernier baromètre des intentions de recrutement et de mobilité des cadres, dévoilé par l’Apec, les effets de la crise sanitaire et économique ont également un impact fort sur le marché de l’emploi des cadres. Pour 2020, le nombre de recrutements de cadres serait inférieur de 30 à 40 % par rapport au record atteint en 2019. « En effet, jusque-là porté par les transformations structurelles à l’oeuvre – mondialisation, transformation numérique, transition énergétique - induisant des besoins en compétences à forte valeur ajoutée et en compétences innovantes, le marché de l’emploi des cadres connaissait une dynamique de croissance régulière. 281 300 embauches de cadres avaient été réalisées l’an dernier, précise l’Apec. La crise sanitaire et économique a changé la donne… » Il est à noter qu’en dépit d’un volume de recrutements nettement moins élevé, les entreprises, qui envisagent de recruter des cadres au quatrième trimestre 2020, s’attendent à rencontrer des difficultés significatives pour attirer des candidats. « Le principe de précaution, qui prévaut chez les cadres en poste afin de ne pas changer d’entreprise dans le contexte actuel, pourrait y contribuer », conclut l’Apec.

—— Aude BRESSOLIER (Tribune Verte 2950)

Zoom sur… CRÉATION D’ENTREPRISES : ENCORE UNE ANNÉE RECORD

En 2019, le nombre total de créations d’entreprises en France a atteint un nouveau record, avec 815 300 créations, soit 18 % de plus qu’en 2018 ! Cette hausse est portée par les immatriculations de micro-entrepreneurs (+ 25 %, après + 28 % en 2018). Les créations d’entreprises individuelles classiques augmentent également (+ 16 %), ainsi que les créations de sociétés (+ 9 %). Les deux secteurs contribuant le plus à la hausse globale sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 17 %), et les autres services aux ménages (+ 31 %).Pour la première fois depuis 2010, tous types d’entreprises confondus, les créations s’accroissent dans la totalité des régions. Hors micro-entrepreneurs, seules 5 % des entreprises sont employeuses au moment de leur création. Elles démarrent leur activité avec environ 2,9 salariés. En 2019, les créateurs d’entreprises individuelles avaient en moyenne 36 ans. Parmi eux, quatre sur dix étaient des femmes.

Source : Insee