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- Paysage

"Nos métiers exigent du professionnalisme"

"Nos métiers exigent du professionnalisme"

Végétalisation des villes, entretien ou création de jardins, lutte contre le changement climatique… Le végétal est de plus en plus au coeur des enjeux. La filière des entreprises du paysage recrute, et met en avant la diversité de ses métiers, leur valorisation et leur féminisation, sans oublier les perspectives d’évolutions.

6%. C’est la baisse d’activité des entreprises du paysage au premier semestre 2020 constatée par l’Unep (Union nationale des entreprises du paysage). « La perte d’activité a été plus forte sur les marchés publics qu’auprès des privés, entreprises ou particuliers », reconnaît Laurent Bizot, président de l’Unep depuis 2019 et gérant de l’entreprise familiale Bizot Paysagistes dans les Hauts-de-Seine. Dès le premier confinement, les entreprises du paysage ont dû et su s’adapter, et rapidement. « Le travail a été concentré sur le marché de l’entretien plus que sur la création, avec une baisse d’activité de 24 % pour mars-avril, mais avec une reprise dès le déconfinement. Le second confinement n’a pas été réellement problématique, car nous avions su mettre en place des mesures pour nous adapter », insiste Laurent Bizot. Deux secteurs du paysage ont été particulièrement touchés : le paysagisme d’intérieur et celui lié à l’événementiel (végétalisation de Salons, hôtels, etc.). Mais avec le paysage au coeur des enjeux actuels de lutte contre le changement climatique, en particulier avec la végétalisation des villes, Laurent Bizot veut rester confiant pour l’avenir. « Les dernières élections municipales ont montré combien le paysage était au coeur de beaucoup de projets. Désormais, il est essentiel que les commandes publiques repartent, pour soutenir nos entreprises ! »

Attractivité

Parmi les sujets centraux des entreprises du paysage pour les années à venir : l’attractivité. « Nos métiers exigent du professionnalisme : connaissance des espèces, de la biodiversité, choix des végétaux, maîtrise des techniques alternatives aux phyto, plants locaux… Il y a une vraie montée en compétence de nos entreprises et de leurs salariés », met en avant le président de l’Unep. Parfois considérés comme trop physiques, réservés aux hommes et peu qualifiés, les métiers du paysage veulent casser les préjugés et gagner en valorisation. Pour attirer les jeunes, l’Unep favorise depuis des années les recrutements par le biais de l’apprentissage, « une voie d’excellence » pour Laurent Bizot. En 2019, 7 000 salariés de la branche étaient en contrat d’apprentissage pour 65 000 salariés, soit près de 10,5 % des effectifs, bien plus élevé que la moyenne nationale. « Nous sommes partenaires du Festival International des jardins de Chaumont-sur-Loire et de la compétition WorldSkills (ex-Olympiades des Métiers), pour faire découvrir la diversité de nos métiers », complète le président de l’Unep.

Près de 90 % des salariés du paysage ont une formation, de CAP à Bac + 5. Plus de 70 % ont une formation spécifique aux aménagements paysagers (souvent niveau CAP et Bac pro). Les métiers de l’encadrement (conducteurs de chantier ou chefs d’équipe) sont les plus recherchés. « En plus d’être un métier qui a du sens, il est possible d’évoluer rapidement dans une entreprise ou de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en indépendant, car dans les dix prochaines années, près de 4 400 entreprises seront à transmettre. Et les filles sont les bienvenues, pour nos métiers qui se féminisent enfin ! » conclut Laurent Bizot.

—— Olivier LÉVÊQUE (Tribune Verte 2654)

UNE CAMPAGNE DE SÉDUCTION

Depuis le 7 décembre 2020 et durant toute l’année 2021, l’Unep déploie une campagne sur les réseaux sociaux, avec des portraits par saison réalisés en collaboration avec l’artiste-photographe Pascal Colrat, afin de donner aux jeunes l’envie de s’engager dans la filière paysage, et d’exercer un métier « verdissant » qui a du sens. Plus de 55 % des entreprises du paysage comptent recruter dans les mois à venir, d’après le baromètre semestriel Unep-Val’hor-Agrica de mi-2020.