En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez que les cookies soient utilisés afin de vous proposer des contenus pertinents et une meilleure expérience. En savoir plus

Purpan « Ne pas tomber dans le RSE-washing »

Purpan « Ne pas tomber dans le RSE-washing »

Soucieuse de déployer sa démarche RSE, l’École d’ingénieurs de Purpan (Toulouse) souhaite inventer un nouveau modèle pour l’école, au profit de l’ensemble de son personnel, des étudiants, de toutes les parties prenantes et du milieu agricole en général.

Certifiée ISO 9001 depuis 2011, l’École d’ingénieurs de Purpan mise sur le déploiement de la RSE, depuis décembre 2019, pour aller plus loin. « La norme ISO 9001 était trop limitative, dans ce que nous voulions faire passer sur la vision de l’école, et ce que nous voulions apporter aux étudiants, se rappelle Éric Latgé, le directeur. Il nous fallait inventer un nouveau modèle moins enfermant, plus général. Avec la RSE, nous pouvions apporter davantage de réponses sur des enjeux d’agroécologie, d’environnement, mais aussi de responsabilité sociétale, auprès de nos étudiants comme de nos salariés. Nous voyons depuis quelques années, lors de nos portes ouvertes, à quel point les nouveaux étudiants sont intéressés par les enjeux de durabilité autour de l’agriculture et veulent choisir une école avec des valeurs qu’ils partagent. »

Un Copil RSE

Des changements concrets ont été opérés dans le Domaine de Lamothe à Seysses, l’exploitation de l’école déjà engagée dans la transition agroécologique. Purpan a notamment choisi d’y supprimer l’emploi de glyphosate. « Le but était de faire prendre conscience aux étudiants et aux partenaires des conséquences d’une telle décision, des atouts et limites de ce choix, et de les présenter aux visiteurs de notre ferme. » Le management de l’exploitation a aussi évolué, pour être plus interactif. « Notre exploitation reçoit chaque année plus de 2 000 professionnels. L’enjeu est d’accroître le rayonnement au travers de la RSE, susciter des vocations lors des visites de lycéens, et présenter les nouvelles pratiques de l’agriculture pour en changer l’image. Le schéma directeur que nous avons construit continuera de renforcer, auprès d’un large public, les occasions de rayonnement des décisions prises en faveur de l’agroécologie. »

Au niveau de l’école, le « participatif » a été renforcé. Ainsi, une journée de travail avec l’ensemble du personnel a permis d’échanger sur une projection « du campus de demain » : vie étudiante, locaux, cours, évolution du domaine agricole… Une dynamique qui se vérifie également à travers la revisite de la gouvernance de l’école. « Sans oublier un Copil dédié à la RSE, qui chapote le tout, et dont l’objectif est la mise en place et le suivi des actions, depuis septembre 2020 », détaille le directeur, précisant que l’école s’est fait aider d’un cabinet sur le sujet.

Les fondements des travaux sur la RSE ont commencé par une définition de l’ADN et des valeurs de la structure. « Nous ne voulions pas qu’un cabinet extérieur RSE fasse ce travail pour nous, insiste Éric Latgé. Alors nous avons anticipé et organisé, avec un partenaire spécialiste de la question, ce travail sur notre ADN, avec notre association d’anciens étudiants, d’anciens profs, des entreprises partenaires et des enseignants-chercheurs et étudiants actuels. » Quatre piliers ont ainsi été identifiés : l’amour de la terre, la force de l’humain, l’accompagnement, et l’ouverture aux savoirs. « Ces piliers ont servi à construire la démarche RSE, et sont surtout à la base de tout développement de  projets, de cours ou de produits, et partagés par chaque personne sur le campus. Nous ne voulions pas aller sur une politique RSE standard, présentée dans les livres puis appliquée en l’état. Certes, notre démarche nous a demandé plus d’efforts, mais elle répond à une réelle ambition, et nous évite de tomber dans le RSEwashing Travail de fond, implication des équipes, personnes dédiées à la mise en oeuvre et au suivi de cette nouvelle politique et sollicitation de cabinet extérieur : des choix ayant un certain coût, mais que ne regrette pas Éric Latgé : « Nous venons d’avoir un audit de la CTI, pour homologuer “Grade de Licence” et rendre parfaitement lisible l’agro-bachelor que nous avons lancé il y a quelques mois. Au-delà de nos indices de performances, notre objectif est d’avoir une vraie transparence sur ce que l’on fait, avec l’ensemble des salariés, des étudiants et des parties prenantes. »

—— Olivier LÉVÊQUE (Tribune Verte 2959)