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Quatre start-up qui révolutionnent notre alimentation

Quatre start-up qui révolutionnent notre alimentation

La FoodTech regroupe l’ensemble de l’écosystème d’entreprises innovantes, start-up, qui se développent dans le domaine de l’alimentaire au niveau de la production et de la distribution. Fin 2018, la FoodTech en France était représentée par plus de 500 start-up. Parmi elle, certaines innovent dans le sans gluten, dans les légumineuses ou encore dans le gaspillage alimentaire.
Zoom sur quatre start-up innovantes !

Green Code : Une appli qui réduit le gaspillage alimentaire

Green Code est une application mobile couteau suisse. En plus d’aider à lutter contre le gaspillage alimentaire, elle répertorie les rappels de produit et offre des informations nutritionnelles. «J’en avais assez de jeter de la nourriture suite aux dates limites de consommations dépassées, raconte Julien Martin, le fondateur de l’application Green Code. De plus, l’idée de jeter de la nourriture et de croiser des gens qui n’ont pas à manger me posait un problème éthique. »

Une première version de l’application mobile a été proposée en juillet 2019. Green Code, qui aide à lutter contre le gaspillage alimentaire, propose trois fonctionnalités principales. La première concerne les dates limites de consommation : l’application envoie des notifications lorsque les dates de péremption des produits scannés présents dans le réfrigérateur approchent. La seconde fonctionnalité, elle, garantit la sécurité alimentaire. Green Code envoie des alertes automatiques lorsqu’un produit scanné fait l’objet d’un rappel.

« Pour vraiment avoir une application complète, nous avons également intégré un système de notation nutritionnelle basé sur des informations purement scientifiques élaborées par l’équipe de nutritionnistes du cabinet MS Nutrition, explique Julien Martin. Le but n’est pas de donner une note discriminante au produit mais de donner une information ludique qui prend en compte la fréquence de consommation. »

Une nouvelle application vient de voir le jour

Aujourd’hui, au sein de la structure MC2 qui porte le projet, l’équipe comporte trois personnes. Douze autres salariés travaillent sur ce projet au sein d’une seconde structure. « Nous avons une équipe composée d’ingénieurs et de développeurs, indique le fondateur. Ce sont des métiers particuliers, où le savoir-faire a plus d’importance que les diplômes. Nos collaborateurs ont la capacité de travailler en mode projet, de manière flexible. »

L’année 2020 sera décisive pour la start-up puisque la nouvelle application a été lancée le 20 décembre et que la communication B to C vient juste d’être mise en place. « Notre projet pour ce début d’année est d’aller chercher les consommateurs pour qu’ils téléchargent cette nouvelle version. Notre but est de fédérer autour de nous les industriels, les distributeurs et les consommateurs. Et si notre projet se passe bien en France, pourquoi ne pas aller sur le marché européen ? » s’interroge le fondateur.

—— Claire LAMY-GRANDIDIER (Tribune Verte 2930)

Matatie : Des gâteaux pour enfants sans allergènes et sans gluten

Créer des gâteaux sans allergènes et sans gluten, c’est le pari que s’est lancé Tiphaine Bordier. Aujourd’hui, son entreprise compte trois gammes de gâteaux pour enfants et ne compte pas s’arrêter là. Fondée en 2016, Matatie est une start-up qui propose des gâteaux sans gluten et sans allergènes1. Quand Tiphaine Bordier apprend que sa nièce est allergique aux oeufs et aux arachides, elle imagine le sentiment de différence et d’exclusion, notamment au goûter, qui pourrait se développer durant les prochaines années. À cette époque, elle commence ses études de commerce à l’EM Lyon : « Pendant ces quatre ans, je me suis rendu compte qu’il y avait de plus en plus d’allergies et d’intolérance, et qu’il n’y avait aucun produit adapté aux enfants. » À la sortie de sa formation, Tiphaine Bordier décide de se lancer dans la confection de gâteaux pour enfants. Son objectif ? Que ces derniers se sentent comme les autres. Dans son laboratoire de Melun, elle maîtrise la chaîne de production de A à Z et garantit ainsi tout le processus de fabrication sans allergènes et sans gluten. Aujourd’hui, elle propose trois gammes de gâteaux. Des cakes moelleux inspirés des Savanes®, des brownies et des cookies. De plus, depuis décembre 2019, l’ensemble de sa gamme est passé en 100 % bio. En 2019, Matatie a fabriqué près de 100 000 gâteaux, des moelleux, des brownies et des cookies de 23 à 31 grammes. Pour les produire, Tiphaine Bordier est entourée de son associé Aurélien, d’un salarié qui gère la production, d’une stagiaire en R&D et d’un stagiaire commercial. Elle se fait également aider par des prestataires pour les questions de qualité et de packaging. Pour lancer son activité, elle a pu compter sur le soutien d’AgroParisTech, qui l’a suivie et accompagnée à la sortie de son école de commerce. « Ils nous ont accompagnés pendant deux ans et nous ont aidés à trouver des recettes afin de remplacer les allergènes tout en gardant les propriétés gustatives et texturantes des gâteaux », reconnaît Tiphaine Bordier qui, en parallèle de son activité, a passé un CAP en pâtisserie. La start-up a aussi bénéficié du soutien du pôle de compétitivité Vitagora, de la Bpifrance et du soutien du service allergologie de l’hôpital Trousseau ainsi que de l’hôpital Necker de Paris.

Commercialiser des produits à l’étranger

« Par ailleurs, depuis le mois d’avril, nous sommes lauréats du réseau Entreprendre, qui nous offre la possibilité de bénéficier d’un accompagnement de qualité par un chef d’entreprise », explique la fondatrice. En plus de ses nombreux partenariats, Matatie a pu compter sur sa fidèle clientèle pour se développer. « La croissance de la start-up a été rapide, mais nous avons toujours tenu à assurer une certaine stabilité pour l’entreprise. Nous avons commencé par lancer un produit sur notre site en ligne. Fin 2016, nous avons réalisé une campagne de crowdfunding afin de voir si nos produits intéressaient, et nous avons récolté 13 600 € sur notre objectif de 13 000 €, un réel succès ! » observe Tiphaine Bordier. Ensuite, tout s’est fait assez rapidement grâce au bouche-à-oreille et à la communauté en ligne. De plus, depuis le mois de juin, les gâteaux sont commercialisés dans plus de 200 magasins Franprix. Des partenariats avec E.Leclerc, le Cercle Vert, des écoles et des centres de loisirs sont en cours. Dans les années à venir, Matatie veut continuer à se développer avec l’envie de commercialiser ses produits en France, mais aussi en Europe. « Nos cakes sont les seuls produits moelleux sans allergènes qui existent dans le monde et nous souhaitons les faire découvrir, expose Tiphaine Bordier. Notre autre ambition est aussi d’augmenter notre équipe afin de créer des emplois. » (1) Sans les quatorze allergènes majeurs : gluten, lait, oeuf, arachides, fruits à coque, soja, etc.

—— Claire LAMY-GRANDIDIER (Tribune Verte 2930)

Phenix : Lutter contre toutes les formes de gaspillage

Phenix est une start-up engagée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, mais pas seulement ! Elle aide aussi les enseignes de matériaux ou les organisateurs d’évènementiel à réduire le gaspillage, en faisant des dons à des associations, ou à revendre leurs produits à moindre coût aux consommateurs. C’est en 2014 que Jean Moreau et Baptiste Corval fondent leur start-up afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. « Le premier projet était porté vers les particuliers, explique Marion Pennarguear, responsable marketing de l’entreprise. En effet, lors des week-ends et des vacances, beaucoup de produits sont jetés à cause des dates limite de consommation souvent atteintes. » Pour lancer son activité, l’entreprise s’est tournée vers la grande distribution en aidant les enseignes à s’organiser afin de donner des denrées alimentaires plutôt que de les jeter. Phenix forme les équipes des supermarchés pour que chaque salarié puisse savoir quel produit peut être donné. « Nous mettons également en place des plannings de passage d’associations, qui se présentent chaque jour dans les magasins inscrits dans notre démarche afin de collecter les produits », précise la responsable marketing. Et lorsqu’un produit ne peut pas se vendre ou qu’il est trop abîmé, l’enseigne fait un don à une ferme, à un zoo ou à des éleveurs. « Très vite, nous nous sommes rendu compte que le service de don ne pouvait pas résoudre tout le gaspillage. C’est pourquoi la start-up a mis au point des solutions pour repérer dans les rayons des produits qui approchent de la date limite. Elle les aide aussi à s’organiser pour vendre les produits en date courte à prix réduit à leur clientèle. » Afin d’aller plus loin dans cette démarche de vente de produits au rabais, Phenix a lancé l’année dernière une application mobile. Il est possible d’y acheter un panier d’invendus, mais le consommateur aura moins de choix qu’en magasin et se verra attribuer un panier mystère à prix réduit. « En plus de la grande distribution, l’application se destine aussi aux petits commerçants indépendants ayant un volume d’invendus qui n’est pas assez conséquent pour faire déplacer une association », explique la responsable marketing. Sur cette application, les produits alimentaires représentent 90 % du choix offert au client. Le pourcentage restant est alimenté par des enseignes comme Truffaut ou Monceau Fleurs qui propose aux consommateurs d’acheter, entre autres, des fleurs défraîchies.

Réduire le gaspillage de matériaux

En effet, le gaspillage de matériaux est aussi présent dans notre société. C’est pourquoi Phenix travaille, par exemple, avec des enseignes comme Leroy Merlin afin de les aider à faire don de leurs stocks de carrelages, par exemple, ou de produits dont l’emballage est abîmé. « Une fois, dans une des enseignes avec qui nous travaillons, nous avons eu des radiateurs à écouler, car à la suite d’un changement de réglementation, l’enseigne n’avait plus le droit de les vendre », se rappelle Marion Pennarguear. À noter que lorsque les grandes enseignes font un don, elles récupèrent 60 % de la valeur économique du produit grâce à la loi mécénat anti-gaspillage mise en place par l’État. Aujourd’hui, l’entreprise compte plus de 150 collaborateurs répartis dans vingt cinq villes en France ainsi qu’en Espagne et au Portugal. « Pour le moment, nous avons réussi à amener seize magasins de la grande distribution au zéro déchet alimentaire. Concrètement, cela veut dire que ces magasins ne jettent plus aucun produit encore consommable, indique Marion Pennarguear. Au total, nous travaillons avec 2 500 clients en grande distribution, commerces de proximités, industriels, grossistes, etc. » Afin de toujours plus se développer, Phenix veut proposer ses services à davantage d’industriels et de grossistes, mais aussi lors de manifestations. Le pôle évènementiel se développe pour éviter le gaspillage alimentaire et aussi d’autres produits comme du mobilier lors de festivals, de Salons, ou d’événements sportifs. Par ailleurs, en 2019, Phenix a fait naître « Nous anti-gaspi », un réseau qui compte pour le moment six épiceries anti-gaspi présentes dans l’Ouest et sur la région parisienne. Ces épiceries vendent des produits achetés à des industriels et à des grossistes, mais aussi à des producteurs locaux.

Déjà présente à l’international, la start-up a pour objectif, dans les années à venir, d’affirmer sa présence à l’étranger et de continuer à se déployer pour toucher davantage de clients.

—— Claire LAMY-GRANDIDIER (Tribune Verte 2930)

Hari&Co : Mettre les légumineuses sur le devant de la scène

Les deux fondateurs d’Hari&Co veulent redorer l’image des légumineuses. Pour ce faire, ils proposent des recettes élaborées à partir de légumineuses bio issues de l’agriculture française.

«Hari & Co a vu le jour en septembre 2014, mais l’activité commerciale a réellement débuté un an et demi plus tard », explique Benoît Plisson, le cofondateur de cette start-up spécialisée dans les recettes à base de légumineuses françaises biologiques. Cette idée est née lors de ses études en agronomie à l’Isara Lyon. « Nous parlions de l’alimentation de demain et notamment des légumineuses qui peuvent remplacer le poisson et la viande, se rappelle Benoît Plisson. Mais lorsque nous allions manger au resto U, il y avait du poisson, de la viande, et pas de protéines végétales, tout le contraire de ce qu’on voyait en cours. » Partant de ce constat, il participe avec son confrère Emmanuel Brehier à un concours de diversité alimentaire. C’est ainsi qu’est né Hari & Co. « Les légumineuses ont un profil nutritionnel très intéressant, indique le cofondateur. Elles contiennent des acides aminés qui sont parfois absents des autres légumes. De plus, elles ne présentent aucun frein culturel comme ça pourrait être le cas avec les insectes ou les algues. » Hari & Co propose des recettes qui ne contiennent aucun additif, aucun texturant, avec un nutriscore A et une note excellente sur l’application Yuka. Une alternative en protéines végétales vertueuse pour la santé et pour la planète afin d’enrichir l’assiette de tous les Français. « Notre gamme principale se compose de galettes et de boulettes réalisées à base de lentilles vertes, de pois chiches, de haricots rouges et de haricots flageolets, détaille Benoît Plisson. Nous avons également lancé en 2019 une gamme de soupes prêtes à boire à base de pois chiches, de lentilles vertes et de haricots rouges. Notre objectif est vraiment d’amener des solutions 100 % végétales sur le moment du repas. »

Une opportunité pour les producteurs

Pour se fournir en légumineuses, la startup travaille en direct avec des coopératives françaises. « Ce sont des petites filières qu’il faut accompagner, rappelle le cofondateur. Elles permettent aux agriculteurs de sortir des marchés mondiaux. Ils définissent un tarif à partir des coûts de production, nous discutons ensuite du prix final et je m’engage à acheter l’intégralité de la production. » Aujourd’hui, le marché de la restauration collective représente plus de 80 % du chiffre d’affaires de la start-up. Depuis un an et demi, les boulettes et galettes de légumineuses Hari & Co sont présentes dans tous les Crous de France. Les produits sont également présents en grandes surfaces dans plus de 1 000 points de vente comme Franprix, Casino ou encore E.Leclerc. Actuellement, dix-sept salariés travaillent dans la start-up. Dix personnes sont basées au siège de la société à Lyon et travaillent aux services recherche et développement, innovation, marketing, communication et commerce. Des commerciaux sont également présents à Strasbourg, Nantes, Bordeaux et Paris. La production, quant à elle, est réalisée dans une usine drômoise. « Pour nous lancer dans cette aventure, nous avons été soutenus par l’Isara Lyon et la BPI. Nous avons aussi participé à de nombreux concours afin de récolter de l’argent, raconte Benoît Plisson. Pendant un an et demi, nous avons pu être autonomes financièrement. Fin 2017, nous avons fait une levée de fonds de 1,2 million d’euros, ce qui nous a permis de recruter du personnel et de nous structurer en différents pôles. »

Récemment, une nouvelle levée de fonds de 3,2 millions d’euros a été réalisée pour les aider à accélérer et à renforcer leur présence sur les marchés. Elle servira aussi à lancer en 2020 une nouvelle gamme fraîche afin d’émerger un peu plus dans la grande distribution. « Notre objectif dans les années à venir est de poursuivre notre croissance afin d’acquérir des places de marchés face à des concurrents qui proposent des produits végétaux très différents des nôtres, expose Benoît Plisson. Nous voulons aussi continuer d’innover, car le marché évolue très vite et il est essentiel de s’adapter aux demandes des consommateurs. »

—— Claire LAMY-GRANDIDIER (Tribune Verte 2930)