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Qu'est-ce qu'un bon employeur en 2020 ?

Qu'est-ce qu'un bon employeur en 2020 ?

Dans le cadre d’un atelier participatif organisé lors du Sival, l’APECITA Pays de la Loire souhaite aider les entreprises à être plus attractives auprès des candidats.

Le 15 janvier à Angers, dans le cadre du Salon Sival, l’APECITA Pays de la Loire (PdL) organise un atelier participatif qui a pour thème « Qu’est-ce qu’un bon employeur en 2020 ? ». Lors de cet événement, la délégation régionale s’appuiera notamment sur les résultats d’une première enquête menée auprès de candidats inscrits à l’APECITA (sur leurs attentes et difficultés lors de leur recherche d’emploi) et, dans une moindre mesure, sur une deuxième enquête réalisée auprès d’employeurs travaillant avec l’organisme (leurs attentes en matière de recrutement). Coline Le Treut, conseillère emploi formation à la délégation Pays de la Loire, explique que ces deux études, lancées en juin 2019 par l’APECITA PdL, sont nées d’un constat : « Il y a énormément d’offres d’emploi non pourvues au sein des entreprises. En parallèle, le nombre de candidats inscrits ne diminue pas. Nous voulions comprendre pourquoi l’offre et la demande ne se rencontrent pas. »

Pour avoir un ordre d’idée, en 2018, l’APECITA a recensé 14 000 offres d’emploi (dont 1 400 pour la délégation PdL) et 17 500 candidats inscrits (dont 2 100 en PdL). « 40 % des offres diffusées sont restées non pourvues. Cela concerne toutes les fonctions, tous les métiers, tous les secteurs », explique-t-elle. Et de préciser : « La filière végétale est concernée comme les autres filières. Le nombre d’offres d’emploi est particulièrement élevé sur les postes en production et ceux de commerciaux, pourtant il y a un manque de candidatures. De moins en moins de gens répondent, et ceux qui répondent ne correspondent pas aux profils recherchés par les employeurs. »

Faire émerger les solutions

Lors de l’atelier « ressources humaines » du 15 janvier, ouvert aux employeurs et aux candidats, l’APECITA PdL souhaite partir de ce constat d’inadéquation entre l’offre et la demande afin d’amener les participants à s’interroger : pourquoi les candidats répondent-ils plus à une offre qu’à une autre ? Qu’attendent les salariés de leur employeur ? Ou encore, comment attirer les talents dans sa structure ? « L’idée est que les personnes présentes confrontent leurs points de vue, qu’elles fassent émerger des solutions », souligne la conseillère emploi formation. Tout au long de l’atelier, l’APECITA PdL se basera sur les résultats de l’enquête menée auprès des candidats pour enrichir les échanges. Différentes thématiques devraient être soulevées autour de la politique managériale, des méthodes de recrutement, des attentes en matière de formation, des conditions de travail, de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), de la politique des rémunérations ou encore des évolutions de carrière. « Nous allons étayer avec les résultats de la deuxième enquête », indique Coline Le Treut. La délégation régionale devrait ainsi aborder les aspects liés aux motivations des candidats et donc à la manière dont les employeurs peuvent agir sur ces facteurs pour les attirer et les faire rester. En 2020, des ateliers spécifiques sur la thématique « Qu’est-ce qu’un bon candidat en 2020 ? » devrait d’ailleurs être organisés. À moyen terme, des ateliers de rencontres entre employeurs et candidats pourraient être mis en place par l’APECITA PdL pour approfondir ces thématiques et apporter des solutions concrètes.

—— Caroline EVEN (Tribune Verte 2929)

3 questions à… « POUR UN RECRUTEUR, UTILISER DES STÉRÉOTYPES, C’EST RISQUER DE PASSER À CÔTÉ D’UN TALENT INSOUPÇONNÉ »

Philippe Bayou, manager chez AlterNego

À travers son atelier participatif « Qu’est-ce qu’un bon employeur en 2020 ? », l’APECITA Pays de la Loire pourrait faire émerger des solutions autour des profils plus « atypiques » et de la nécessité pour des « bons employeurs » de « s’ouvrir » à ces profils différents, en prenant conscience de leurs « stéréotypes et biais inconscients ».

Doit-on se sentir coupable d’avoir des stéréotypes ?
Philippe Bayou : Non, les études ont montré qu’un enfant de 10 mois fonctionne déjà avec des stéréotypes ! Ils se construisent selon notre éducation, mais aussi par le biais des médias ou encore de la peur de ce qu’on ne connaît pas. Les stéréotypes ne sont pas toujours négatifs. Ils peuvent être négatifs neutres ou positifs.

À quel moment les stéréotypes deviennent-ils nuisibles ?
P. B. : Quand ils sont utilisés dans les prises de décision vis-à-vis de situations à enjeux et qu’ils nous amènent à nous faire une idée sur une personne ou une situation en se basant sur des préjugés au lieu de rechercher la réalité. Ils conduisent alors à de la discrimination, voire à de l’autocensure. Pour un recruteur, utiliser des stéréotypes, c’est risquer de passer à côté d’un talent insoupçonné, et pour le manager, de rater une idée qui aurait pu révolutionner l’avenir de l’entreprise ! Cette diversité doit être managée. Il ne faut pas faire agir les biais du conformisme pour la faire entrer dans un moule. Quand je dis qu’il ne faut pas se sentir coupable d’avoir des stéréotypes, il faut en revanche se sentir responsable de les utiliser.

Quels sont vos conseils pour ne plus utiliser de stéréotypes dans les process RH ?
P. B. : Il n’existe pas de recette magique. Le seul conseil que je peux donner à des recruteurs ou à des managers, c’est de mobiliser, le plus possible, leur cerveau lent (utilisé pour avoir une compréhension exacte et précise) en entretien ou en réunion ; d’essayer de ne pas se baser sur ses préjugés. Par exemple, il ne faut pas se dire « ce candidat a suivi la même formation que moi, il est forcément bon ». À partir de ce postulat, toutes les questions que vous lui poserez aboutiront à conclure que c’est le candidat idéal. Même si c’est faux ! Il faut donc simplement prendre le temps de découvrir la personne qu’on a en face de soi et l’écouter… Vraiment !

—— Propos recueillis par Aude BRESSOLIER (Tribune Verte 2929)