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Toulouse INP-ENSAT révolutionne son enseignement

Toulouse INP-ENSAT révolutionne son enseignement

Davantage de travaux pratiques et des enseignements théoriques remodelés en fonction de compétences redéfinies, Toulouse INP-Ensat souhaite ainsi répondre aux évolutions socio-professionnelles et aux attentes de ses étudiants.

L’enseignement évolue de façon majeure, il n’y a aucun doute. L’École nationale supérieure agronomique de Toulouse, INPEnsat, propose ainsi un parcours de formation innovant pour les futurs ingénieurs. « Aujourd’hui, les jeunes ont des attentes différentes de celles de leurs aînés, affirme Anne Bernadac, enseignante-chercheuse et directrice adjointe de Toulouse INP-Ensat. Ils sont davantage en quête de sens à donner à leur vie et à leur futur métier. Par ailleurs, les professionnels recherchent des diplômés à formation pluridisciplinaire et capables de s’adapter rapidement aux évolutions de leurs activités. Aussi, nous avons revu toutes les compétences qu’un jeune doit acquérir au cours de son cursus. Sur le fond, elles ne diffèrent guère de ce qui existait auparavant mais leur description s’avère plus précise. Et ce référentiel est désormais rendu beaucoup plus lisible dans la formation. » Les sept compétences qui devront être acquises par le diplômé sont techniques (diagnostiquer, concevoir, produire et valider) et managériales (gérer un projet, communiquer et conseiller). Parmi ces compétences figure par exemple la capacité à réaliser un diagnostic de fonctionnement d’une exploitation ou d’une activité en milieu naturel. Ce qui nécessite de passer par différentes étapes que doit maîtriser l’étudiant par des formes d’apprentissage différentes. « Le jeune doit être en situation d’agir, précise Anne Bernadac. Aussi, dès la première année, nous mettons en place des unités d’enseignement de type projet. L’étudiant doit se former à la gestion d’un projet par exemple, en groupe ou individuellement, dans le cadre d’une mission confiée par un organisme professionnel, d’un stage en exploitation ou au sein de l’école. C’est ainsi que, dans cet esprit d’apprentissage concret et en interdisciplinarité, il s’essaye à produire du vin, à réaliser des analyses biologiques et sensorielles et à développer du marketing pour ce produit. Nous lui demandons également de concevoir des solutions faisant appel à l’ingénierie du vivant pour des questions liées à l’extraction de composés issus de plantes, des problèmes de contamination ou encore de conception de produit alimentaire. »

34 % d’enseignement projet

Au fur et à mesure des années, les sollicitations se complexifient. Un projet partenarial en lien avec une structure extérieure est élaboré afin de mieux maîtriser la gestion de projet, la communication et la négociation. Dans un autre registre, il est demandé à l’étudiant de traiter des sujets de controverses sociotechniques pour lesquels les scientifiques sont divisés (OGM, glyphosate, abeilles…), de travailler sur des sujets scientifiques et aussi sur les filières. « Pour une filière donnée, détaille Anne Bernadac, nos étudiants apprennent à caractériser une agrochaîne, à répondre à une demande du marché, à produire, à innover, à administrer une entreprise, à modéliser et à communiquer. » Finalement, les projets représentent aujourd’hui 34 % de l’enseignement, sans compter les stages, contre 15 % auparavant. « Les cours théoriques ont diminué, souligne l’enseignante-chercheuse, mais ils ont été remodelés par les enseignants. Face à des situations aujourd’hui complexes, il est nécessaire de mobiliser de nombreuses connaissances, qu’il est possible d’adapter justement dans les projets. »

Toulouse INP-Ensat propose ce cursus, jugé « excellent » par la Commission des titres d’ingénieurs en septembre 2019, par la voie initiale (statuts étudiant ou alternant) et la voie de la formation continue. Chaque année 175 étudiants deviennent ingénieurs dans les domaines de l’agronomie, de l’agroalimentaire et de l’environnement.

—— Marie-Dominique GUIHARD (Tribune Verte 2927)