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Troubles dys l'enseignement agricole en mode action

Troubles dys l'enseignement agricole en mode action

Dyslexie, dyscalculie, dyspraxie… Pendant longtemps, les jeunes souffrant de troubles spécifiques des apprentissages et du langage oral et écrit ont été mis au ban de l’école. Au sein de l’enseignement agricole, la détection et les prises en charge de ces jeunes ne cessent de s’améliorer, notamment grâce à l’implication des membres du Gap dys créé au sein de l’Ensfea.

Alors que le ministère de l’Éducation nationale estime à environ 4 à 6 % les enfants d’une même classe d’âge concernés par les troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie…), ce chiffre serait de 15 % chez les apprenants de l’enseignement agricole ! Car si la plupart des élèves choisissent cet enseignement par passion et par envie, d’autres, en échec, exclus du système général, s’orientent vers l’enseignement agricole par défaut.

Sensibiliser et former les équipes éducatives

Face à ce constat, l’Ensfea, dont la principale mission est de former les enseignants des établissements de l’enseignement agricole publics, a décidé de mettre en place, dès 2004, des actions de formation spécifiques sur ces troubles dys.

« Lors de sessions de formation continue, de nombreux enseignants nous faisaient part de leurs interrogations sur la prise en charge pédagogique de ces jeunes, explique Laetitia Branciard, ingénieure de recherche multimédia et animatrice du Gap dys à l’Ensfea. Nous avons donc introduit une formation spécifique sur ces questions dans le cursus de formation initiale des enseignants. Nous avons également proposé, dès 2005, un premier stage sur la prise ne charge des troubles dys dans le cadre de la formation continue des personnels déjà en poste. Après cela, nous avons été rapidement submergés par des demandes d’enseignants qui voulaient se former à cette thématique. Nous avons alors réitéré l’expérience, cette fois-ci en région, toujours avec le même succès. » Cependant, face à l’ampleur des demandes de formations régionales et sur site, l’Ensfea a décidé de créer un groupe d’animation et de professionnalisation : le Gap dys. Il regroupe une douzaine d’enseignants, de CPE et de personnes-ressources handicap de l’enseignement agricole public et associe à ses travaux quatre inspecteurs pédagogiques. « Les objectifs du Gap sont de sensibiliser et de former les équipes éducatives sur ces troubles spécifiques des apprentissages et du langage oral et écrit, explique Laetitia Branciard. Ses membres peuvent intervenir sur site pour leur donner les clés afin de repérer les signes d’alerte, les informer sur les prises en charge spécialisées et surtout pour les aider à construire des réponses pédagogiques adaptées pour leurs publics dys. Car souffrir d’un trouble dys n’est pas une fatalité, et des solutions existent pour permettre aux jeunes de poursuivre leur scolarité dans les meilleures conditions. » Au sein des établissements, il est ainsi possible de mettre en place des aménagements pédagogiques par le biais du PPS (projet personnalisé de scolarisation) ou du PAP (plan d’accompagnement personnalisé). Dans ce cadre, les élèves pourront éventuellement bénéficier de l’accompagnement d’un auxiliaire de vie scolaire ou encore se voir attribuer un matériel pédagogique adapté. « Grâce aux Tice, il existe aujourd’hui de nombreux outils pour faciliter l’accessibilité et pour apporter de la compensation : des outils de synthèse vocale qui permettent une lecture automatique des documents et qui transforment des textes en MP3, des outils de dictée vocale pour suppléer à l’écriture manuelle… L’offre ne manque pas et nous poursuivons nos recherches pour trouver des outils adaptés, gratuits ou à faible coût (le plus souvent des logiciels) que nous testons dans notre Accesslab, un espace dédié à l’accessibilité numérique », souligne l’ingénieure de recherche. À noter que l’Ensfea a renforcé ses moyens humains pour l’appui aux établissements dans ce domaine en recrutant un ingénieur d’études qui développe des projets et des formations dans le champ du handicap. Preuve que l’accompagnement des publics en difficulté reste plus que jamais d’actualité.

—— Aude BRESSOLIER (Tribune Verte 2944)