Descriptif du poste
Qui sommes-nous ?
Au sein du réseau national des Chambres d’agriculture France, la Chambre régionale d'agriculture d’Occitanie (CRAO) intervient auprès des acteurs territoriaux, pouvoirs publics, organismes économiques et autres partenaires pour conseillers les agriculteurs, favorisation la recherche et l’émergence de pratiques innovantes et être le porte-parole de l’agriculture. Le stage sera réalisé au sein du service Agroécologie – Eau – Climat.
L’INRAE, institut de recherche public œuvrant pour un développement cohérent et durable de l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, interviendra par l’entremise de scientifiques appartenant à deux collectifs de recherche :
L’Unité mixte de recherche sur l’écosystème prairial (UREP, https://urep.clermont.hub.inrae.fr/) étudie l’agroécologie de l’écosystème prairial dans un contexte de changement global, notamment les changements climatiques et les pratiques de gestion. L'unité possède une expertise internationale dans les domaines des cycles du carbone et de l'azote (bilan de gaz à effet de serre et la séquestration de carbone), l’assemblage des communautés végétales (approche fonctionnelle de la biodiversité), les interactions biotiques (plante-sol – animal) et leurs conséquences sur le fonctionnement des prairies et les services écosystémiques qui en découlent.
L’Unité de recherche Hydrosystèmes Continentaux Anthropisés – Ressources, Risques, Restauration (HYCAR, https://hycar.hub.inrae.fr/) développe, à travers des approches d’observation et de modélisation, des recherches sur les ressources en eau (qualité et quantité), les risques liés à l’eau (estimation, anticipation et gestion des risques liés aux aléas hydrologiques : crues & inondations, sécheresses & étiages, gestion des pollutions diffuses), et la restauration des milieux aquatiques soumis à une forte pression humaine.
Contexte du stage :
La sécheresse et les canicules récurrentes depuis le début des années 2000, et notamment celles observées en 2022, ainsi que le contexte économique actuel ont de nombreuses conséquences pour l’élevage à courts et moyens termes, dont :
Ø une réduction de la production de fourrage des prairies, qui se traduit par l’impossibilité de faire pâturer des prairies “grillées” par la sécheresse et l’utilisation précoce des stocks destinés initialement aux rations hivernales;
Ø des difficultés pour l’abreuvement des troupeaux (disponibilité et accès à l’eau ;
Ø l’augmentation des prix de vente des céréales, entrainant une forte attractivité de ces cultures pour les agriculteurs, et en parallèle, une forte augmentation du prix des aliments pour le bétail.
Ce contexte agronomique de faible disponibilité en ressource fourragère et hydrique pour le bétail, associé à un prix de la viande élevé, incite les éleveurs à un abattage du bétail de manière précoce, afin de gérer cette mauvaise conjoncture.
Ces différents éléments peuvent laisser pressentir l’accélération du mouvement de décapitalisation qui a déjà entrainé une baisse de l’ordre de 15 % des UGB herbivores dans le Sud-Ouest entre 2010 et 2020, ainsi qu’une diminution des surfaces en prairies (retournement, changement de destination des terres), phénomènes déjà observés en France depuis quelques décennies.
Par ailleurs, le changement climatique à l’œuvre, dont les sécheresses et canicules répétées, engendrent une forte variabilité interannuelle de production fourragère, et mettent ainsi en danger la pérennité des systèmes d’élevage herbagers.
Or, ces prairies jouent un rôle essentiel en termes de services écosystémiques, dont les populations humaines tirent avantage, et plus particulièrement sur la gestion quantitative et qualitative de l’eau, d’autant plus lorsqu’il s’agit de prairie de tête de bassin versant.
Les prairies (et essentiellement les prairies permanentes), dont la végétation couvre le sol de manière continue, permettent de ralentir les ruissellements de l’eau, et favorise son infiltration dans le sol (et donc son cheminement vers les nappes phréatiques profondes). Les systèmes racinaires bien développés permettent en outre de prélever les éléments minéraux dont la plante a besoin pour sa croissance (N & P, notamment) assurant ainsi une action d’épuration des eaux lixiviées, voire agissant comme un tampon vis-à-vis de certains polluants. De plus, ces écosystèmes contribuent à l’atténuation des bilans des gaz à effet de serre, et donc au service de régulation du climat à travers leur forte capacité de stockage du carbone dans le sol.
En conséquence les Chambres régionales d’agriculture d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec l’IDELE, l’INRAE et l’Agence de l’eau Adour-Garonne, ont lancé fin 2024 une étude portant sur la caractérisation des systèmes d’élevage valorisant les prairies sur le Bassin Adour Garonne, les tendances socio-économiques et techniques, l’identification de leviers de soutien de ces élevages et une première approche concernant les services rendus à l’échelle de la parcelle.
Cette étude se compose de quatre volets :
Volet 1 - Analyse macro des systèmes herbagers sur le Bassin Adour Garonne ;
Volet 2 - Etude territoriale via la caractérisation de plusieurs petites régions agricoles ;
Volet 3 - Services écosystémiques rendus par les prairies ;
Volet 4 - Recommandations et identification de leviers pour le maintien des systèmes herbagers et de leurs évolutions dans un contexte d’adaptation et d’atténuation du changement climatique
Missions du stage :
Ce stage doit contribuer au 3ème volet de l’étude prairie envisagée, dédié aux services écosystémiques rendus par les écosystèmes prairiaux.
Pour cela, il est attendu de :
Ø Dresser un état de l’art global des connaissances sur les services écosystémiques rendus par les prairies, avec un focus particulier sur les enjeux eau (quantité et qualité) :
· Inventorier les connaissances existantes sur le sujet grâce à des recherches bibliographiques : caractérisation de ces services écosystémiques, vulnérabilité face au changement climatique et lien avec la gestion de l’eau ;
· Compléter cette étude bibliographique par des entretiens conduits auprès de scientifiques et d’experts sur la thématique ;
· Constituer une base de contacts de personnes, réseaux et projets pertinents ayant des travaux en cours sur le sujet, ou pouvant être intéressés par un projet de recherche.
Ø Capitaliser des résultats de projets de recherches existants :
· Analyse de premières bases de données issues de différents projets de recherche en cours. Il s’agira d’expertiser les résultats que l’on peut attendre de ce type de bases de données existantes et d’en tirer de premiers résultats.
· Analyse des sites expérimentaux déjà existants, et des compléments/ nouveautés à apporter pour répondre aux enjeux de caractérisation (voire quantification lorsque les données sont disponibles) des services écosystémiques (notamment services de régulation)
Ø Elaborer des propositions pour préfigurer un programme de recherche visant à quantifier et qualifier les services écosystémiques des praires, en particulier en termes d’impacts sur la gestion de l’eau.
Ø Elaborer des premières propositions contribuant à valoriser les services écosystémiques rendus pour contribuer au volet 4 de l’étude
Ø Proposer des supports (plaquette, vidéo…) pour la diffusion de l’ensemble du travail effectué sur le sujet, et des éléments de vulgarisation à destination du grand public.
Le stagiaire travaillera en étroite collaboration avec :
Ø Les Chambres d’agriculture départementales et régionales du bassin Adour-Garonne
Ø Les différents départements de recherche de l’INRAE ; Des chercheurs en agronomie, hydrologie, biologie, zootechnie, etc.
Ø L'IDELE